Extrait Extrait du préambule ARTHUR SEYSS-INQUART «MEIN FÜHRER, QUELQUE CHOSE NE VA PAS ?» 8 avril 1938 Hôtel Impérial, Vienne Respectueusement, je m'enquiers : «Mein Führer, vous avez l'air préoccupé. Quelque chose ne va pas ?» Près de moi, Heinrich Himmler vient de fermer lui-même la fenêtre qui donne sur le balcon de la suite impériale, au premier étage, où le Chancelier vient de terminer un bref discours à l'adresse de la foule massée sur le Ring. C'est sa dernière intervention avant le plébiscite. Après avoir parcouru le pays pendant huit jours de long en large à haranguer les foules, il a de bonnes raisons d'être fatigué mais je ne lui avais encore jamais vu cet air absent, lui qui est toujours prêt à sortir de sa boîte comme un diable. Il n'a même pas agité les bras quand il a conclu son allocution : «Demain, vous allez proclamer votre amour pour la Mère Patrie. Personne ne pourra jamais diviser à nouveau le Reich allemand dont vous êtes les fils et les filles.»