- Etendez-vous sur le divan. Masson obéit. - N'ayez aucune crainte, décontractez-vous. Pensez à un événement qui coïncide avec votre désir. Pensez-y comme s'il allait survenir. Regardez le reflet des disques dans le miroir, le plus loin possible. Que choisissez-vous ? - Je voudrais, dit Masson... je voudrais revenir à Vincennes devant le coucou. Les petites fenêtres s'ouvraient au-dessus du cadran. Le jour tombait... Swaine embraya le moteur. A l'étage supérieur, Mme Broute, qui reprisait un jupon, tressauta. La froide et muette figuration géométrique se mit en marche. Elle produisait un tournoiement d'astres grisâtres, monotone, dans la fausse perspective des miroirs. La voix de Swaine prit une fermeté inattendue. - Ne résistez pas. Vous êtes à Vincennes, dans votre maison. Vous ne l'avez jamais quittée. Regardez bien les miroirs. Les murs apparaissent, vous êtes là, vous n'avez pas cessé d'y être. Le coucou va sonner... Les paroles semblaient venir du fond d'un cloître, à peine plus distinctes qu'un murmure de prières. Le peintre eut le temps de se rappeler une phrase où il était question d'un salon et d'un lac, puis il passa sur l'autre versant de la conscience."
Nombre de pages
168
Date de parution
02/02/1993
Poids
170g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782070728473
Titre
Le seuil du jardin
Auteur
Hardellet André
Editeur
GALLIMARD
Largeur
137
Poids
170
Date de parution
19930202
Nombre de pages
168,00 €
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André Hardellet (1911-1974) est un écrivain inclassable. Cette singularité l'a longtemps desservi. Vingt-cinq ans après sa mort, c'est pourtant cet écart, cette marginalité, cette façon vagabonde de traverser le champ littéraire qui séduit. Les trois recueils réunis dans ce volume permettront de découvrir Hardellet poète et son registre d'éveilleur populaire. Avec lui la poésie chante (il est l'auteur du célèbre Bal chez Temporel), elle passe par les rues et les nuits pour y trouver sa gouaille et son trouble. La Cité Montgol est à la fois un lieu peu fréquentable, et pourtant fraternel et magique, le lieu où le poème s'invente librement, hors de toute référence et de toute révérence.
Avec ce troisième tome se clôt la présente édition de l'oeuvre d'André Hardellet. Il comprend les deux textes qui lui ont valu la notoriété : Bal chez Temporel et Lourdes, Lentes... Bal chez Temporel est l'une des plus belles chansons du répertoire français. Lourdes, Lentes..., l'un des très beaux textes de la littérature érotique, paru en 1969. Outre Lourdes, Lentes..., ce volume comprend un ensemble de textes regroupés sous le titre de L'essuyeur de tempêtes, L'Oncle Jules, des contributions à des publications, des chansons, des textes inédits, une correspondance et un cahier iconographique.
Lourdes, et lentes. Prenant bien leur temps pour reluire et faire reliure. Nourrices, mères, soeurs. Pleines de lait, de sécrétions, d'organes mous. Les autres, les maigres, les rapides, retournez à vos enfers étroits. Germaine était lourde, lente. Je vais employer des mots sales. Il le faut. Il faut que je vous tire de votre sommeil et de votre hypocrisie, que je vous explique comment ça se passe. Gueulez au charron, ameutez les pouvoirs publics tant que vous voudrez, mais accordez-moi ceci : je reste encore bien en deçà de vos divertissements cachés, de vos ballets oniriques.
«Mes contemporains s'agitent beaucoup, luttent pour conquérir des planètes, car cette terre ne suffit plus à leurs espiègleries. Ils engendrent des révolutions, des Gales inédites, des robots presque infaillibles, des armes instantanées et surtout des lois sans fissure : leurs lois d'hommes libres. [...]Les circonstances me contraignent parfois à un dur rétablissement sur la barre fixe sociale. J'en prends mon parti mais sors de là fourbu, stupide, dépaysé comme un émigrant dans une contrée dont il ignore les m'urs et le langage. Alors, quand il me faut réintégrer ma place dans ce monde de contrefaçons et que je m'interroge sur ce qui s'est passé, les mêmes mots qu'au début de cette histoire s'enchaînent tout naturellement : je revenais d'un long voyage à l'étranger.»
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.