Trente ans après, que reste-il de la Marche pour l égalité et contre le racisme de l automne 1983? Initiée par des jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux et des militants antiracistes de la Cimade à la suite des rébellions urbaines de la banlieue lyonnaise, cette mobilisation sans précédent est un événement à la fois mythique et méconnu. Mythique parce qu il symbolise l apparition dans l espace public des enfants d immigrés post-coloniaux. La Marche représente une sorte de « Mai 68 » des jeunes immigrés qui prennent la parole et formulent des revendications contre les crimes racistes, pour l égalité devant la justice et la police, le droit au travail, le droit au logement, l accès à la culture, etc. Paradoxalement, la Marche est aussi méconnue. Ce livre a pour objectif d éclairer certaines zones d ombre grâce à un travail scientifique fondé sur une démarche empirique. L analyse de cet événement est une porte d entrée idéale pour éclairer les relations sociales entre groupe national majoritaire et groupes minoritaires, au travers d enjeux cruciaux pour la société tout entière: légitimité de la présence des immigrés sur le territoire, reconnaissance des déviances policières violentes, recrudescence des crimes racistes, passage de la rébellion violente à l action collective non-violente, politisation des jeunes de cité, question post-coloniale, construction du « problème musulman », etc. L histoire de la Marche constitue un puissant révélateur de ces enjeux politiques toujours d actualité.
Nombre de pages
261
Date de parution
21/10/2013
Poids
328g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782354801335
Titre
La marche pour l'égalité et contre le racisme
Auteur
Hajjat Abdellali
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
140
Poids
328
Date de parution
20131021
Nombre de pages
261,00 €
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Les frontières des Etats-nations se traduisent parla séparation entre les nationaux et les étrangers. La procédure de naturalisation permet aux étrangers d'appartenir à la "communauté nationale", mais cela passe parla démonstration de leur assimilabilité. La notion d'assimilation constitue en effet la matrice du droit de la nationalité, et le "défaut d'assimilation" est un des principaux motifs de refus de naturalisation des candidats à la nationalité française. Promue sous l'Empire colonial, cette notion polysémique permet à la communauté nationale de maintenir la distinction entre les Français blancs de métropole et les Autres. Si l'on met de côté la connaissance de la langue, les principales motivations avancées pour caractériser ces défauts d'assimilation touchent aux questions du hijab, de la polygamie et de l'"islamisme". Grâce une enquête ethnographique minutieuse en préfecture, Abdellali Hajjat met n lumière l'invention de ces critères et les usages administratifs qui en sont faits. Il réalise ainsi une socio-histoire des usages juridiques et administratifs de l'assimilation et trace la généalogie de la frontière nationale, qui peut se confondre avec une frontière raciale.
Quelles sont les origines historiques du racisme ? Quelles formes prend-il dans les situations coloniales, post-coloniales et post-esclavagistes ? Comment lutte-t-on contre lui ...Cet ouvrage propose une synthèse inédite de la recherche en sciences sociales sur les racismes et les antiracismes. Dans une perspective intersectionnelle et globale, Abdellali Hajjat analyse la pluralité des formes du racisme (antisémitisme, islamophobie, racisme anti-noir, anti-arabe, anti-asiatique ou anti-tsigane, etc.), leurs généalogies plurielles, la formation des sociétés racialisées et leurs articulations avec les rapports sociaux de classe, de genre, de sexualité. Il étudie aussi les aspects élémentaires des discours racistes et leur politisation dans les sociétés contemporaines, ainsi que les expériences individuelles, les mobilisations et les actions publiques face au racisme, donnant à voir l’ampleur et la diversité des travaux consacrés à ces questions.
La revue Sociologie est une revue généraliste qui a pour objectif principal de publier des articles scientifiques originaux. Comme son intitulé l'indique, il s'agit d'une revue de sociologie (et non de sciences sociales), mais ouverte sur ses frontières avec les autres disciplines qui viendraient discuter ses concepts et ses objets. Sociologie ne se revendique d'aucune école théorique ou méthodologique. Elle privilégiera une approche pluraliste de la discipline sous la seule condition du respect des règles d'administration de la preuve. Son intitulé, volontairement au singulier, témoigne de cet attachement à l'unité de la discipline. Ce numéro proposera des articles variés répartis en plusieurs rubriques : Enquêtes : articles originaux de recherche reposant sur l'analyse de matériaux empiriques. Théories et méthodes : articles originaux de recherche portant sur des enjeux théoriques et méthodologiques, y compris dans une perspective historique. Bilan critique : état des lieux national ou international sur un objet d'étude. Débats : regards croisés sur une question sociologique, ou intéressant la communauté sociologique.
Pourquoi la transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale a tant de mal à s'effectuer ? Quels sont les obstacles qui se posent à elle ... A travers des entretiens réalisés auprès de lycéens des Minguettes à Vénissieux (Rhône), une plongée dans l'intimité des relations familiales permet de saisir les effets de l'injonction à l'intégration : l'ambivalence des héritages de l'immigration, et les ruptures familiales et spatiales. Ce sont ces conséquences qui permettent de comprendre la difficile transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale.
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.