
Paris 60
SÉBASTIEN habitait entre cour et jardin (depuis quand n'avait-on pas tondu la pelouse, élagué les arbres?) un hôtel particulier dont il cherchait à se défaire et bradait le contenu dans l'intervalle, s'offrant avec cet argent quelques très belles voitures d'avant-guerre, restaurées à grands frais. J'étais de ceux qui logeaient là et durent bientôt se résigner à coucher sur des matelas à l'étage, parmi cinquante chaises de bal capitonnées de soie rose; elles seules n'avaient pas trouvé preneur et nous les remontions une à une des salons du rez-de-chaussée, dépouillés de leurs lustres et consoles, plongés dans la pénombre, derrière des volets toujours clos. Les bureaux d'une ambassade, style bunker amélioré, occupent à présent ce vaste espace; les derniers marronniers ont été abattus; la rue, aristocratique et provinciale, a changé de visage. Il m'en est resté un goût déraisonnable de ces demeures à la dérive, où la ruine le dispute aux fastes anciens.Sébastien s'entourait de marginaux; non pas les laissés-pour-compte ou les harangueurs de foule à la terrasse des cafés, mais d'aimables solitaires: ni empruntés, ni emprunteurs, pareils au chat de Kipling... «that walked by himself». Henny brillait dans cette assemblée d'un éclat surnaturel; elle venait de Berlin, mariée en 1945 à un G.I. qu'elle ne tarda pas à plaquer pour revenir en Europe et séduire une kyrielle d'interchangeables amants, fascinés par ses yeux verts, son port de reine: Lorelei et ribaude, à la fois. Figuraient encore l'arrière-petite-fille d'un maréchal de France, qui jouait au derviche tourneur, faute de savoir à quel saint se vouer; successivement, des clandestins du FLN et de l'OAS; Nina la Polonaise, rescapée du ghetto de Lvov; un ex-instituteur breton; un peintre roumain; une sorcière catalane, promenant «Sabu» en laisse - horrible matou noir que la lecture, même à voix basse, des nouvelles d'Edgar Poe rendait enragé; un Algérien baptisé Moineau, je ne sais pourquoi (on ne posait pas de questions inutiles chez notre hôte; on ne se renseignait pas: aimer nous suffisait)...
| Nombre de pages | 128 |
|---|---|
| Date de parution | 18/01/2007 |
| Poids | 112g |
| Largeur | 110mm |
| EAN | 9782268060569 |
|---|---|
| Titre | Paris 60 |
| Auteur | Goulaine Robert de |
| Editeur | MOTIFS |
| Largeur | 110 |
| Poids | 112 |
| Date de parution | 20070118 |
| Nombre de pages | 128,00 € |
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