I... Préhistoire et confluencesEntre mythe et religionEn Aragon, sur l'autoroute qui conduit de Barcelone à Saragosse, on aperçoit d'assez loin trois collines. Au sommet de l'une, une église, au sommet de l'autre, les restes d'un château arabe et, sur la troisième, la silhouette éternellement noire du «Toro d'Osborne», d'autant plus imposante qu'elle est débarrassée de son nom de marque. Pour que ce tableau emblématique de l'Espagne lut complet, il ne manquerait plus que de voir se détacher sur le ciel une colonne romaine avec son chapiteau.De ces trois symboles patrimoniaux le taureau paraît le plus intemporel. Tel un signe du destin, il est même inscrit dans l'espace territorial: si la France est un hexagone, l'Italie une botte, l'Espagne, on l'a souvent répété depuis Strabon, est comme une peau de taureau mise à plat. Tout au long de l'histoire il s'inscrit aussi dans la pierre ou le paysage, depuis les grottes d'Altamira au paléolithique, et de Minateda, au néolithique, jusqu'à ce «toro d'Osborne», en passant par le taureau d'Osuna des Ibères (400 av. J.-C.),les taureaux celtibères de Guisando campés depuis 2 200 ans sur la terre d'Avila, et celui qu'affronte un homme à genoux avec une sorte de cape à la main, représenté au XIIIe siècle sur un chapiteau du palais des Comtes de Requena dans la ville de...Toro.On objectera avec raison que l'Espagne n'en a pas le monopole; la figuration et le culte du taureau sont présents depuis la haute Antiquité sur l'ensemble du bassin méditerranéen, jusqu'en Mésopotamie. En lui s'unissent, dans quasiment toutes les civilisations de ces rivages, la puissance et la fécondité du soleil et de la terre, que les hommes doivent tenter de s'approprier, par leurs ressources propres ou par l'intercession des dieux. Mais en Espagne, sans rupture jusqu'à aujourd'hui, le taureau habite les étendues, l'histoire et la culture vivante. Dans les prairies battues par le vent, à la jonction de la Méditerranée et de l'Atlantique, où paissent en ce moment les toros de sang Domecq ou Nuñez, Hercule vint jadis dérober les taureaux de Géryon (et peu importe si certains affirment qu'il s'agissait de boeufs). À quelques kilomètres de Numance les restes du sanctuaire celtibère de Termancia, à l'époque préromaine, révèlent le sacrifice du taureau dans une enceinte publique. L'archéologie nous apprend également que dans cette même contrée, près de Soria, on pratiquait en l'honneur de Cybèle des tauroboles: le fidèle, descendu dans une fosse, recevait à travers un grillage le sang de l'animal immolé au-dessus de lui, ce rite symbolisant le passage de l'inhumation à la résurrection de la vie. Cossío, l'auteur de l'encyclopédie taurine de référence, voit avec certitude un lien entre ce rituel et la Fiesta de las calderas (la Fête des chaudrons), célébrée à Soria, le jour de la Saint-Jean, marquée par des processions et une corrida. Les associations de voisins partagent un repas au cours duquel ils se distribuent de la viande de jeune taureau. Il y a peu, cet animal avait été lâché dans les rues et tué par eux-mêmes.
Nombre de pages
130
Date de parution
15/02/2012
Poids
135g
Largeur
105mm
Plus d'informations
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EAN
9782915543421
Titre
Une brève histoire de la corrida
Auteur
Zumbiehl François
Editeur
EDITIONS DU 81
Largeur
105
Poids
135
Date de parution
20120215
Nombre de pages
130,00 €
Disponibilité
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« L'idée de ce livre était simple : oublier la littérature, dépasser la technicité un peu stérile des spécialistes ; remonter à la source en demandant aux toreros d'évoquer ce mystère qu'ils viennent dire chaque après-midi. » François Zumbiehl a longtemps vécu en Espagne où il a été conseiller culturel à l'ambassade de France ; il est aujourd'hui le directeur de la culture de l'Union Latine. Un classique de la littérature taurine, augmenté des photographies de Michel Dieuzaide. A Valladolid, je me souviens de m'être complètement évadé du public et de la réalité environnante. C'était une course où jusque là rien d'extraordinaire ne s'était produit. Après les piques, j'ai entrevu les qualités de la bête. J'ai pris l'épée, la muleta, et le taureau a commencé à s'harmoniser avec moi, et moi avec lui. Avant que j'aie eu le temps de me rendre compte, j'étais au milieu de l'arène, et je ne savais pas ce qui s'était passé. Je l'avais très bien toréé. Au centre de la piste, je lui avais porté l'estocade, et le taureau s'était écroulé en sortant des plis de la muleta. J'étais comme un somnambule, j'avais perdu la notion du lieu où j'étais. Le public n'était que clameur, mais je ne m'en apercevais pas. Je marchai la tête basse vers la barrière et en arrivant j'ai laissé tomber la muleta. Je suis revenu à moi et j'ai vu que tout le monde me félicitait. Je me suis presque réveillé, car ce fut comme une espèce de rêve. J'ai coupé la queue, la patte, mais cela m'était égal. Pepe Luis Vázquez
Passionné de tauromachie, écrivain, François Zumbiehl s'est particulièrement penché sur la psychologie de ces hommes "revêtus de lumières" et vient de soutenir une thèse de doctorat en anthropologie sur ce sujet. Il est actuellement directeur de la culture et de la communication de l'Union latine. Il a publié Taurines (Climats, 1980), La tauromachie, art et littérature (l'Harmattan, 1990), Des taureaux dans la tête (Tomes 1 et 2, Autrement, 2004).
Depuis plus de trente ans, François Zumbiehl fréquente les toreros, les éleveurs et les aficionados. Trente ans de conversations minutieuses, d'écoute généreuse de plusieurs générations de spécialistes de toutes les écoles, de toutes les régions d'Espagne. Au long de ces rencontres, il a noté avec soin les inventions et les détours de leurs discours, pour comprendre et dire ce qui ne se raconte pas: la bravoure, le temple, le duende, l'engagement inouï d'un enfant qui voue sa vie au toro sauvage. La parole offre à l'étude une matière plus riche et consistante que le déroulement de l'action ", dit-il. A travers l'étude des mots des acteurs et des passionnés, de cette langue originale et inventive, François Zumbiehl s'approche au plus près dans ce livre de la vérité des grands mystères de la tauromachie.
Et si la pratique d'un métier était aussi un parcours initiatique, un chemin vers la connaissance de soi et du monde ? La douleur que je nomme "troisième souffrance" est associée à nos mutations identitaires. Il faut l'accueillir avec joie car elle est la manifestation d'une transformation véritable. C'est la douleur ressentie lorsque le sang se remet à circuler dans une jambe ankylosée : c'est la douleur du retour à la vie. Bien sûr, notre client vient chercher de la sécurité. Pourtant, le travail va réactiver en lui des fêlures ou des fragilités. Il lui faudra apprendre à dire ses peurs et ses besoins, à reconnaître sa vulnérabilité, sa finitude et dégonfler la bulle narcissique pour s'accepter comme un être blessé et donc profondément humain. Remettre en cause son ego n'est jamais confortable. C'est pourtant la condition d'une authenticité susceptible de libérer une énergie insoupçonnée pour de nouveaux projets. Tout le métier du coach consiste à jalonner des étapes et à proposer des protections et permissions à même de faciliter ce cheminement vers plus de vie, de liberté et de responsabilité.
Ce livre n'aurait pu être écrit si, depuis la nuit des temps, l'homme n'avait rêvé du ciel. Trop anciens, trop nombreux sont les témoignages qui ont conservé les traces de l'impossible rêve de rejoindre les étoiles. L'odyssée de l'espace n'est rien moins que celle de l'humanité, celle d'êtres qui, une fois dressés sur leurs jambes, n'ont eu de cesse de lever les yeux vers le ciel. Pour lire le vol des hirondelles, ou imaginer des mondes et des royaumes. Mais aussi tracer des cartes, construire des machines de plus en plus perfectionnées, explorer des mondes. À l'heure où nous célébrons le cinquantenaire du premier pas sur la lune, alors que de nouveaux pionniers, Elon Musk, Jeff Bezos, se lancent dans l'aventure, tels d'intrépides cow-boys du NewSpace, il était important de revenir sur cette épopée. Un nouvel enthousiasme émerge, une nouvelle frontière, mais aussi de nouvelles questions à explorer. Édition revue et augmentée à l'occasion du cinquantenaire du premier pas sur la Lune.
Venise, 1741. En plein automne, à quelques semaines de la fête de la Salute, la terre se met à trembler, les flots envahissent la Piazza San Marco, des incendies éclatent et un cimetière paroissial s'effondre, tandis que les squelettes des morts surgissent à la surface. Une atmosphère de fin du monde s'installe dans la cité des doges. C'est à ce moment qu'arrive à Venise une noble dame française, Madame d'Urfé, alchimiste et cabaliste. Elle fait venir de Prague un mage qui affirme pouvoir sauver la Sérénissime grâce à l'aide des esprits élémentaires. Ces deux personnages sulfureux ne sont-ils animés que de bonnes intentions ? Flavio Foscarini, un nobiluomo curieux de nature, en doute, et il enquête, aidé par son épouse levantine, Assin, et son ami l'écrivain Gasparo Gozzi, tandis que les événements les plus dramatiques se succèdent dans une Venise en proie à la peur, aux superstitions et aux meurtres mystérieux.
Le froid de la rivière agrippe ses genoux. Elle distingue à présent l'arche du pont qui enjambe des nappes de brume glacée et le peigne qui retenait ses cheveux a glissé, il s'est perdu quelque part en route, elle traversera ainsi, la tignasse dénouée d'une folle, d'une amoureuse. Sa robe s'accroche à un taillis d'acacias. L'ubac tente une dernière fois de la retenir mais il n'a plus aucune chance d'y parvenir car le pont est là, il a tenu. Elle y pause un instant dans le passage étroit qui s'arc-boute entre les deux rives. C'est le seul lien, il a été construit il y a bien longtemps, avant la haine.