Au siècle des Lumières, la sécularisation du judaïsme avait permis le réinvestissement de l'histoire et du politique. Devenu citoyen, et non plus étranger ou apatride, le juif fut plus allemand que les Allemands. Le mythe du juif errant avait vécu et l'Allemagne devenait la " patrie de l'âme juive ". Au XIXe siècle, la psychanalyse a bouleversé les conceptions de l'homme sur la sexualité, l'identité, la temporalité. Le passé n'est pas révolu, il hante le présent, et le corps est l'espace d'une mémoire archivée à travers les symptômes où s'écrit l'histoire du sujet. Pour Freud, le signifiant juif ne fut pas seulement le signifiant de la révolte et de la résistance à l'antisémitisme, il fut aussi un signifiant éclaté, disséminé, excessif, " quelque chose d'essentiel " qui lui permit de s'extraire de " la majorité compacte ". Il refusa toujours de considérer la psychanalyse comme une science juive mais on ne peut ignorer que la judaïté de Freud regarde la psychanalyse. De la même manière, on ne peut méconnaître sa germanité, avec laquelle il entretenait des rapports ambivalents : " Ma langue est allemande... mais je préfère me dire juif. " L'assimilation fut la ligne de force du discours antisémite. Le nazisme consacra la rupture avec les idéaux de l'Aufklärung. La psychanalyse, considérée comme science juive, fut ravalée au rang de psychothérapie, sacrifiée sur l'autel de l'adaptation, du conformisme et de la soumission qui furent les valeurs d'asservissement de l'idéologie nazie. La race seule désormais suffisait à définir l'homme. Aux nazis qui avaient décrété la supériorité de la race aryenne, Freud répond, comme il répond à Jung, qu'il n'y a pas de race pure et dominatrice, pas d'humanité homogène mais le brassage, le mélange et le métissage des hommes et des cultures. Moïse devient pour Freud le passeur de l'universel, l'affirmation que c'est l'étranger qui habite l'homme. La véritable filiation ne concerne ni le sang, ni la terre, ni le nom propre, mais la puissance vivifiante du Nom-du-Père qui inscrit le sujet dans une généalogie des signifiants, lui permettant de produire l'héritage plus que de le recevoir.
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Nombre de pages
319
Date de parution
04/06/2002
Poids
410g
Largeur
140mm
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EAN
9782749200514
Titre
Freud, les juifs, les Allemands
Auteur
Zimra Georges
Editeur
ERES
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140
Poids
410
Date de parution
20020604
Nombre de pages
319,00 €
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Penser l'hétérogène , c'est interroger le réel sur les questions relatives à l'altérité, au semblable, au même, à l'identique, à l'étranger, au singulier, à l'universel, à l'Autre. L'hétérogène est ce qui est le plus intime dans l'homme : ce qui lui échappe. Le nom juif a été en Europe le paradigme de l'hétérogène, l'Autre de la chrétienté. Quelle a été la place de ce nom dans l'Europe médiévale, l'Europe des Lumières et des Anti-Lumières, dans la Shoah ?
Comment est-on passé d'une révolution artistique, culturelle et politique opérée par l'avant-garde européenne à un art totalitaire qui a conduit à une fabrique de l'homme nouveau des régimes fascistes, nazis et staliniens ? L'avant-garde a conduit à une révolution du regard qui a émancipé la peinture et la sculpture du carcan académique qui avait enseveli la beauté dans les musées. Ce sont les intensités fugitives, éphémères, singulières, et périssables qui sont célébrées. La tentation nihiliste qui traversait les différents mouvements d'avant-garde fut d'abord un immense cri de colère et de révolte contre la bourgeoisie qui avait figé le regard, éteint toute créativité par le conformisme de la pensée. Contre la raison, ce sont les forces intuitives, poétiques de la langue et de l'écriture, de l'inconscient mais aussi de la folie de l'érotisme et de la mort qui sont explorées. L'art est l'affaire de tous. Il est le principe d'une connaissance de soi. Les religions séculières ont formé le nouvel horizon politique. Mussolini est l'apôtre d'une religion de la patrie. Hitler "Christ führer", fondateur d'une nouvelle Weltanschauung. Et Staline, "jardinier du bonheur planétaire", est l'artiste suprême. L'art nazi fut un national esthétisme qui avait assigné le regard à des représentations sculpturales grandioses, des parades militaires, une architecture mégalomaniaque. La dialectique stalinienne de la révolution déclarait le dépérissement indistinct de la gestation. Rien qui n'ait commencé qui ne soit déjà mort. Plus les temps étaient difficiles, plus on s'approchait de la victoire finale. Plus la famine et la terreur décimaient la population, plus les tableaux débordaient de victuailles. Il faut rêver, disait Lénine. Rêver à la construction d'un homme nouveau. Rêver d'un monde nouveau. Rêver du rêveur, de Staline, qui maintient le rêveur dans son rêve.
Cet ouvrage, issu d'une expérience de vingt cinq ans sur les folies mères-enfants, a rassemblé dans un travail en commun des pédiatres, psychanalystes, psychiatres, psychologues, sages femmes, travailleurs sociaux, éducateurs et aussi des juges qui ont été confrontés à une clinique des mères et des enfants dans des situations de folies extrêmes. Mères qui ne peuvent être mères, mères sans mères, qui accouchent sans renaître. Comment travailler avec ces mères et leurs nouveaux-nés, avec des mères qui ne peuvent l'être, qui tentent de l'être ? La rareté aujourd'hui, est qu'une parole puisse être accueillie pour ce qu'elle dit et non pour ce qu'elle signifie ; pour la rencontre qu'elle autorise, non pour l'assignation à laquelle elle condamne ; pour altérer un sujet, non le réduire à devenir un gestionnaire, un testeur ou un informaticien de la psyché. Notre tâche fut de sortir de la novlangue qui garde la folie captive, de décloisonner nos savoirs, de nous dégager des observations et des évaluations pour que chacun dise en sa langue l'impensé de cette folie. Pour que nul ne se défasse ou ne démette d'un appel, sous quelque fonction qu'il s'abrite, sous quelque fonction qui l'abrite. Notre travail est là.
Résumé : Le partage platonicien du corps et de l'esprit, du corruptible et de l'incorruptible, a fait du corps l'espace de toutes les jouissances, de toutes les séductions et de toutes les dépravations. Le Mal avait un nom : le diable, le démoniaque. La fin de l'humanisme s'est soldée par le constat que le mal pouvait habiter aussi les consciences les plus élevées, servir des voluptés inavouables. Ceux qui voulurent l'extirper furent souvent les plus cruels, ceux qui voulurent le bien de l'humanité les plus pervers. Qu'est ce qui rassemble des êtres aussi différents que Madame Guyon, le Marquis de Sade, Georges Bataille, Simone Weil, Sören Kierkegaard et Antonin Artaud ? L'excès. L'impossible limite, la limite infinie. Tous ont interrogé un au-delà du monde, des frontières, de la conscience et du possible ; tous ont fait de l'impossible ce que d'ordinaire le langage réduit au silence, au refoulement, à l'oubli. Ils ont bouleversé les codes, la morale, la conscience, la religion, pour interroger l'impensé de notre condition, la folie, l'érotisme, le sexe, l'amour, les voluptés du mal, dans l'abject comme dans le sublime, dans l'amour comme dans la cruauté. Peu d'hommes se sont aventurés sur des terres aussi lointaines, ont franchi tant d'interdits, porté les limites de l'impensable en un tel point d'oubli, de perte de soi. Tous ont pensé la déréliction de l'homme abandonné à ses seules forces, dans un dépassement permanent, au-delà de toute raison, avec une rare singularité.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
La thérapie familiale présente plus de risques de ruptures d’alliance que la thérapie individuelle. Fort de son expérience, l’auteur nous invite à créer et à consolider l’alliance thérapeutique sur base du confort du thérapeute. Cette manière originale de procéder permet l’émergence des compétences et des ressources de la famille, souvent enfouies sous les problèmes apparents ! Un livre bienveillant et incontournable en matière de thérapie familiale et systémique !
Longtemps exclue du champ de la psychanalyse, l'analyse de groupe s'est développée auprès des familles, des couples, des enfants, des institutions, dans les champs médicaux, médico-sociaux et sociaux, les espaces interculturels, en produisant de nombreux concepts permettant de mieux saisir la complexité de la réalité psychique et de la vie psychique groupale. A destination des étudiants et des cliniciens, ce vocabulaire en rassemble 96 reconnus comme utiles à la pratique psychanalytique groupale. Chacune des contributions est rédigée par un spécialiste européen, enseignant/chercheur et/ou clinicien utilisant la notion choisie dans sa pratique ou ayant contribué à la développer ou à l'enrichir dans ses propres travaux. A partir d'une définition synthétique, chaque entrée est complétée par un point historique, les débats qu'elle suscite et l'intérêt clinique qu'elle comporte. Représentant un ensemble de courants, d'écoles et d'orientations françaises et étrangères, ce vocabulaire, qui allie clarté, rigueur scientifique et historique, a pour vocation de mieux faire connaître la richesse et la complexité de l'approche psychanalytique des groupes, des familles et des institutions.
Comment se libérer des schémas familiaux qui nous entravent ? Comment sortir des cycles répétitifs qui façonnent nos relations depuis l'enfance et nous font souffrir ? Les difficultés au sein de notre couple, avec nos enfants, avec notre famille peuvent nous décider à consulter un psychothérapeute. Comment se déroule alors une psychothérapie familiale ? En quoi consiste le travail du thérapeute ? A travers des fragments de vie et de thérapies familiales systémiques, les auteurs nous plongent dans la pratique de Chloé, pédopsychiatre et psychothérapeute, experte pour aider ses patients à sortir des sentiers battus devenus, avec le temps, des ornières. Au fil des séances, nous la voyons oeuvrer avec finesse et humanité, sans jamais imposer son savoir. Son approche, directe et sensible, centrée sur les relations au sein de la famille - traditionnelle, recomposée, homoparentale, monoparentale... -,vient interroger les liens du quotidien. En prenant ses patients au pied de la lettre, elle les incite à ouvrir un espace de créativité propice au changement. Le récit de chaque consultation s'accompagne d'éclairages théoriques qui explicitent les mécanismes relationnels à l'oeuvre et donnent des repères utiles pour s'extraire des répétitions toxiques et inventer de nouvelles façons d'être en lien avec soi et les autres.