Grâce au Progrès de Lyon, qui lui a commandé un feuilleton sur les mères cuisinières, le journaliste Etienne Augoyard revient pour quelques jours arpenter les rues de sa ville natale. Si l'histoire de ces cheffes avant la lettre, qui ont nourri et façonné la ville, appartient au folklore local, lui veut en raconter l'envers, la face cachée : traquer les zones d'ombre, mais dire aussi la part de lumière de ces figures méconnues. C'est par un épisode inédit de la vie d'Eugénie Brazier qu'il entend commencer sa série d'articles : son arrestation, en décembre 1941, pour marché noir. Au fil du récit, on apprendra que, pragmatiques, la plupart des mères faisaient tourner avec les moyens du bord leurs restaurants sous l'Occupation ? il fallait bien qu'elles remplissent leurs marmites ?, et accueillaient sans faire la fine bouche les officiers allemands qui, eux aussi, voulaient goûter à leurs recettes, du tablier de sapeur à la quenelle de brochet, de l'artichaut au foie gras à la volaille demi-deuil. La mère Brazier, trois étoiles au Michelin dès 1933, a le bras long, elle ne restera en prison que six jours... Monica Jaget, la photographe du Progrès chargée d'accompagner Augoyard, n'est pas d'accord : ils n'ont que dix jours pour boucler leur série d'articles, hors de question de se noyer dans les détails... surtout s'ils doivent porter atteinte à l'image des mères. On comprend dès lors que le roman de Catherine Simon fonctionnera comme une sorte de " making of " de leur enquête. Les querelles des deux acolytes, leurs déambulations dans les rues de la ville, leurs recherches, les témoignages et les souvenirs qu'ils collectent, leurs discussions souvent vives, donnent chair et vie à ces femmes de tête et de pouvoir, pionnières en matière de cuisine, mais aussi, sans le dire, d'émancipation féminine. Ces filles de ferme, travailleuses acharnées à qui rien n'a été offert, ont témoigné d'une volonté de fer pour ouvrir leurs propres restaurants, à une époque où elles n'étaient pas censées disposer seules d'un compte en banque ni gérer un commerce... Toutes ont appris la cuisine par elles-mêmes, en autodidactes : commençant par servir des plats simples et savoureux, certaines se sont affirmées par leur talent hors du commun ? grands de ce monde et vedettes s'arrêtaient à leurs tables, avant de descendre dans le midi. De la Croix-Rousse à la Guillotière, des Brotteaux à la Presqu'île, elles ont donné aux quartiers de Lyon leur caractère et leur saveur. Sur les traces des mères les plus célèbres, de la Génie à Marie-Thé Mora, en passant par Eugénie Brazier, Léa Bidaut ou Paule Castaing, le récit invite à un voyage étonnant, à la fois historique et gastronomique dans Lyon et ses environs : l'émouvante visite à Fernande Gache, retraitée en Savoie, est un pan d'histoire, la réunion des anciens collaborateurs de Paule Castaing, un morceau d'anthologie. Sous la plume allègre de Catherine Simon, les mères lyonnaises redeviennent ce qu'elles étaient : des femmes d'exception, à qui le monde de la restauration doit un chapitre essentiel de son histoire.
Nombre de pages
260
Date de parution
01/02/2018
Poids
290g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782848052816
Titre
Mangées. Une histoire des mères lyonnaises
Auteur
Simon Catherine
Editeur
SABINE WESPIESE
Largeur
140
Poids
290
Date de parution
20180201
Nombre de pages
260,00 €
Disponibilité
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Dans l'Alger d'aujourd'hui se côtoient les enfants - parfois surdoués -, les femmes - parfois magistrales -, les oisifs - parfois bandits - et les terroristes - parfois croyants. C'est la ville adossée à la Méditerranée, Alger la blanche qui souffre et qui espère. C'est l'Algérie telle qu'en elle-même dont le parfum de menthe poivrée monte aux narines. Pour retrouver cette senteur-là, il a fallu à Yolande rejoindre le pays de sa mère, qu'elle croit disparue. Cette enquête policière s'enchevêtre avec les fils des violences extrémistes. L'important, c'est sans doute de mourir debout... L'accompagnement critique donne un éclairage sur la situation historique et politique de l'Algérie, avant de s'ouvrir à des questions de technique littéraire. Une longue interview de Catherine Simon, alors correspondante pour Le Monde en Algérie, informe sur la genèse du roman et sur les relations entre fiction et réalité. De nombreux textes d'écrivains algériens et de chansons constituent un corpus original.
Elle a beau être énorme et géniale, Emma Aït Saada n'a pas la tâche facile. Comment retrouver Yolande, son amie française, disparue à Oran, au milieu du printemps et de fla guerre civile, sans laisser d'autre trace qu'une recette de couscous ? Entre gangs islamistes, tueurs à gages et mafiosi de fla Sécurité militaire, il faut jouer serré...L'Algérie s'est changée en une immense roulette russe. Hamdouilillah !
Que s'est-il passé après l'indépendance de l'Algérie en 1962? A quoi ressemblait le pays au sortir de la guerre, une fois disparus les bateaux des pieds-noirs, une fois l'improbable tandem Ahmed Ben Bella/Houari Boumediene installé au pouvoir? Quelles ont été les espérances de ces années-là, qui résonnaient des mots de révolution, de socialisme, d'autogestion? En quoi éclairent-elles le destin de l'Algérie et de ses relations avec la France? Fort mal connue, cette période est, pour la première fois, retracée dans ce livre, à travers la mémoire vive d'étrangers
Ces textes ont été écrits au fil des méditations conduites par Jude Mathew, lors de mes différents séjours à Kochi, dans le Kerala, en Inde du sud, de 2017 à 2019. L'enseignement de Jude, délivré dans le cadre de l'Association franco-indienne"Yoga, une expérience de vie au quotidien" est une école de transformation de soi à travers chaque événement -petit ou grand, confortable ou inconfortable- du quotidien. Cet enseignement, proche de l'Ecole non-dualiste du Vedanta, m'a permis de rouler plus consciemment avec les vagues sans cesse renouvelées de la vie.J'ai souhaité en restituer l'expérience sur un mode poétique qui fait écho à "La Conférence des oiseaux" du Poète persan Farîd Al Dîn Attâr. Les oiseaux de Kochi, observés et photographiés jour après jour et instant après instant, rythment en images cette méditation universelle qui vient questionner notre recherche d'absolu et d'unité.
Dans la chaleur de l?été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l?Irlanderurale. Bien qu?elle ait pour tout bagage les vêtements qu?elle porte, son séjour chez les Kinsella,des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s?agit de lasoulager jusqu?à l?arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d?adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l?entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n?a connu que l?indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l?espace, et s?épanouit dans l?affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. Certains détails malgré tout l?intriguent: les habits dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle, l?attitude de Mrs Kinsella lors de leurs rares sorties à la ville voisine?
Pendant la nuit du 24 au 25 mars 2015, Félix de Récondo a cheminé vers la mort. Trois ans plus tard, sa fille Léonor transforme le huis clos de la chambre d'hôpital en un vibrant manifeste, " manifesto ", témoignant de la liberté et de la force de création que ce père artiste garda inlassablement intactes. Deux narrations s'entrelacent, qui signent le portrait d'un homme dont la jeunesse fut marquée par la guerre civile espagnole et l'exil : celle de Léonor, envahie par les souvenirs et les émotions de la longue veille aux côtés de sa mère, Cécile ; et celle de Félix, dont l'esprit s'est échappé vers les contrées du passé. Il y a rejoint l'ombre d'Ernesto (Hemingway), qu'il n'a jamais revu depuis les déjeuners du dimanche à Pamplona, alors que lui était encore un petit garçon, dans les années trente. L'écrivain, déjà auréolé de sa gloire, y suivait les courses de toros. Aujourd'hui, toute différence d'âge abolie, Félix se remémore ceux qu'ils ont connus, sa petite enfance à Gernika, les mystérieuses activités politiques de ses oncles dans la maison d'exil des Landes. Il en vient bientôt à évoquer la mort tragique de ses enfants nés avant sa rencontre avec Cécile, et confie à son vieux complice combien sa nouvelle famille l'a aidé à continuer à vivre, dessiner et sculpter. Ernesto, à son tour, lui raconte son besoin d'écrire, Martha et les femmes qu'il ne pouvait s'empêcher de séduire, sa propre fascination pour la mort, son suicide. Mais leur ultime conversation ne s'achèvera pas avant que Félix ait pu montrer à Ernesto le violon que, de ses mains, il fabriqua pour Léonor. A son chevet, sa fille lui fait écouter une ultime fois leur sonata da Chiesa de Corelli... La musique a tant accompagné leur bonheur, leur pas de deux artistique, depuis que, élève précoce, Léonor apprenait à maîtriser son instrument. Cette même musique ponctue d'une déchirante douceur leur dernière nuit, dont le récit, magnifique tombeau poétique, donne à jamais vie au créateur et au père merveilleux que fut Félix.