Walter Benjamin, le désir d'authenticité. L'héritage de la Bildung allemande
Pulliero Marino
HERMANN
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EAN :9782705686864
Avant-propos de Heinz WismannL'oeuvre de Walter Benjamin (1892-1940), en grande partie posthume, a connu un destin paradoxal. Tantôt revendiquée par les tenants des idéologies les plus hostiles aux prétentions individualistes, tantôt portée au crédit d'un génie solitaire habitué, selon la formule de Theodor W. Adorno, de «nager à contre-courant», elle a pendant longtemps servi d'enjeu privilégié à une sorte de lutte symbolique qui, tout en stimulant l'intérêt de ses lecteurs, faisait écran devant son actualité intempestive. Celle-ci n'est apparue qu'avec le recul progressif des préjugés qui opposaient, sans nuance, les postulats de l'engagement militant et de l'inspiration prophétique. Or, pour prendre la mesure de la complexité d'une pensée qui plonge ses racines dans les débats allemands de l'époque de Guillaume II, traverse leurs résurgences convulsives sous la République de Weimar, avant d'en affronter, depuis l'exil, le dénouement totalitaire, il fallait d'abord reconstituer son contexte d'origine, susceptible d'éclairer les métamorphoses successives d'une démarche intellectuelle qui maintient, comme toute grande entreprise de l'esprit, un certain questionnement initial. C'est à cette tâche qu'est consacré le livre de Marino Pulliero, fruit d'un travail de longue haleine, dont j'ai pu suivre la lente maturation, depuis la thèse de doctorat jusqu'à la synthèse magistrale des recherches effectuées dans son sillage.Le principal mérite de cet ouvrage réside dans la combinaison subtile des deux types d'approche, généralement dissociés, que sont l'investigation historique et la reconstruction systématique. En effet, l'analyse concrète d'un espace de discours ne saurait se passer de l'accumulation extensive de références textuelles historiquement situées, réunissant dans un même corpus les citations d'auteurs influents et de la cohorte des suiveurs, afin de dégager quelque chose comme un idiome partagé, voire une rhétorique commune, qui sous-tend l'antagonisme des arguments échangés. Mais, plus systématiquement, elle nécessite encore l'identification des attracteurs conceptuels qui organisent le champ de la discussion, afin de rendre possible l'élucidation critique des positions défendues. Cette double mise en perspective est indispensable pour aborder la nébuleuse discursive postnietzschéenne, dont la galaxie éditoriale d'Eugen Diederichs concentre vers la fin du siècle l'essentiel des énergies disparates. Véritable syncrétisme volontariste, axé sur le projet d'une réforme radicale de toutes les sphères de la vie individuelle et collective, le «wiïhelminisme» ne se laisse appréhender qu'à l'aide d'une typologie réflexive de ses effets de langage.Il est frappant de constater que la plupart des thèmes fondamentaux développés par Walter Benjamin, de la Métaphysique de la jeunesse aux Thèses sur le concept de l'histoire, se rencontrent, sous une forme ou une autre, dans l'univers culturel de l'Allemagne wilhelmienne. Cela vaut pour la critique de l'historicisme, la quête de l'expérience authentique, notamment religieuse, la problématique de la Bildung et son articulation au conflit entre communauté et société, la dialectique du moderne, la question de l'assimilation et de l'identité juive, la redéfinition du rôle de la littérature et de l'art en général, le messianisme politique et antipolitique, l'idée d'un mysticisme profane. De fait, chaque chapitre du livre propose l'archéologie d'une thématique benjaminienne, permettant ainsi de mesurer la distance qui sépare la vulgate culturelle de sa transmutation opérée dans l'élément de la pensée.
Pulliero Marino ; Gisel Pierre ; Indermuhle Christ
Cet ouvrage est consacré à la genèse et à l'essor de la revue allemande Die Tat, dans les années qui précèdent le déclenchement de la Première Guerre mondiale. II trouve sa place dans une recherche plus vaste sur la religiosité du début du XXe siècle et sa problématique: sécularisation, crise de la religion historique et recherche de substituts compatibles avec le monde moderne, réveil du besoin religieux dans le climat intellectuel de la fin du XlXe siècle, marqué par la réaction contre la culture dominante du matérialisme et du positivisme. Appuyé sur l'analyse en profondeur des deux moments clés que traverse cette revue typique des renouveaux culturels et politiques de l'époque, Marino Pulliero restitue des débats qui ne manqueront pas d'éveiller la curiosité de tous ceux qu'intéressent la relation actuelle entre le religieux et la société, ou le rôle de la religion dans la cohésion d'une communauté sociale.
Ce numéro dédié à l'abord des psychoses prend comme point d'ouverture l'expérience exceptionnelle de Jean Oury, psychiatre et psychanalyste, qui, avec d'autres. a changé et humanisé l'approche de la folie en France durant le siècle dernier. Son long travail avec Lacan et une belle rencontre de la psychiatrie avec la psychanalyse ont donné des pistes à un parcours aussi innovant que passionnant. La clinique La Borde, fondée en 1953. est devenue un des lieux incontournables de la réflexion sur le psychisme humain. S'y sont croisés intellectuels et praticiens. philosophes, écrivains et comédiens, poètes. Les psychanalystes v ont côtoyé les infirmiers et les médecins dans une pratique de la psychothérapie institutionnelle qui a fait école. Car cette expérience de château ne s'est pas déroulée en autarcie, et elle a participé de ce bouillonnement d'idées qui a caractérisé la société française pendant quelques dizaines d'années. On trouvera dans ce numéro des contributions qui poursuivent cette aventure et témoignent de sa transmission. Comment assurer le progrès de la rencontre avec celui qui se confronte à ce qu'on nomme " une psychose " ?
Cachia Henri ; Oury-Pulliero Yannick ; Caussanel R
Résumé : La psychothérapie institutionnelle... Bien sûr, La Borde ! Ilot de résistance né en 1953, au beau milieu des structures concentrationnaires habituelles. La Borde, qui tente de réenchanter le monde par une révolution perpétuelle au gré des multiples réunions quotidiennes et d'une politique de remise en question permanente empêchant de figer les rapports soignants et soignés. Une expérience de vie sans pareille, bien plus qu'une théorie, avec une absence de hiérarchie rigide, où personne n'a l'avantage de s'installer dans son petit royaume. Il est aussi question, forcément, du fondateur de ce lieu mythique : Jean Oury. Bien vite rejoint par son complice de toujours Félix Guattari, éminent psychanalyste atypique...
Droit Roger-Pol ; Atlan Monique ; Masquelier Frédé
L'amour se raconte, s'éprouve, se rêve, s'étiole. Il fait hurler de joie ou de douleur, pousse à agir ou foudroie, transporte ou désespère. Mais peut-il être l'objet d'un savoir ? Ne pourrait-il être approché que par des récits, et non des concepts, par la littérature et la poésie, et non par la philosophie ? Ce qui est sûr, c'est que l'amour fait des histoires... que les philosophes ont longtemps négligées, n'y voyant que les marques de l'émotivité, de la passion, de la déraison. Pourtant, ces histoires sont riches d'enseignements. Comment naissent, vivent et meurent les histoires d'amour ? Du roman au cinéma, les récits d'aujourd'hui sont-ils comparables à ceux de jadis ? Aime-t-on de la même manière qu'autrefois, alors que semblent s'installer la peur de l'engagement et la défiance envers le sentiment amoureux ? Les philosophes et experts ici rassemblés nous invitent à envisager le lien amoureux comme une transformation sans cesse en devenir, tissu sans fin d'histoires humaines. Avec les textes de : Boris Cyrulnik, Vincent Delecroix, Frédérique Ildefonse, Sophie Galabru, Olivia Gazalé, Christian Godin, Francis Wolff
Latham Monica ; Amselle Frédérique ; Ferrer Daniel
Cet ouvrage propose une visite guidée des " antichambres " , " coulisses " et autres " arrière-cuisines " , où l'écriture de Virginia Woolf se prépare. Ses lieux d'écriture, à Londres ou dans la région du Sussex, révèlent les méthodes de travail de l'autrice autant que son environnement. En plus de sa prose romanesque et de ses essais critiques, Woolf écrivait quotidiennement dans son journal, tenait une correspondance régulière, et esquissait des projets dans ses carnets de travail. Ces milliers de pages offrent un formidable témoignage littéraire, où l'on peut la voir analyser avec lucidité sa propre méthode et réfléchir à son écriture, avec ses mécanismes, ses joies et ses peines. Alors que l'examen de la genèse de Mrs Dalloway révèle une écrivaine qui tâtonne afin de mettre en place sa vision unique et hautement ambitieuse du roman moderne, les manuscrits d'Une chambre à soi mettent au jour la rapidité d'écriture d'un essai littéraire et féministe qui résonne encore aujourd'hui. Suivre les processus d'écriture de ces textes nous permet d'observer à la fois l'écrivaine à l'oeuvre, et l'oeuvre en train de prendre forme, à la confluence de plusieurs courants, inspirations et idées novatrices.
L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses pieds, a été immortalisée par le cinéma hollywoodien et a durablement imprégné l'imaginaire collectif. Or, beaucoup de ce que l'on croit savoir sur cette grande catastrophe historique est faux. Rome brûle relate comment l'incendie de 64 a détruit une bonne partie de la ville et plongé sa population dans la panique. L'ouvrage décrit également comment le feu a détruit l'image dorée de l'empereur Néron, et provoqué une crise financière qui a durablement influé sur l'économie romaine. Ce livre recenseen outre les récentes découvertes archéologiques qui permettent de mieux comprendre cet événement, et sa postérité dans la littérature, l'opéra ou le cinéma. S'appuyant sur une riche documentation, à la fois littéraire et archéologique, le professeur Anthony Barrett montre comment le grand incendie de Rome provoqua la chute de Néron et la fin de la dynastie julio-claudienne, et fut un point de bascule dans l'histoire romaine.
Il ne leur manque que la parole, entend-on souvent dire à propos des chiens. En effet, pourquoi après 35 000 ans de cohabitation, d'amitié, de services rendus, ne nous parlent-ils toujours pas ? Comment la parole est-elle venue à l'homme, et qu'en comprennent nos compagnons les chiens ? Qu'échangeons-nous vraiment avec eux ? Pourquoi leur parlons-nous sur un ton stupide ? Quelles limitations les empêchent de nous répondre ou tout simplement de nous dire ce qu'ils pensent de nous ? A ces questions, parfois naïves, les neurosciences - humaines et animales - fournissent des éléments sérieux de réponse. Et une expérience inédite vient bousculer notre conviction que seul l'humain peut utiliser le langage pour communiquer, et interroger le sens même de l'existence. Alors ? Pensent-ils humains ?
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.