Au rythme du monde. Un demi-siècle d'articles dans Le Monde
Morin Edgar
PRESSES CHATELE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782845925854
Extrait Extrait de l'avant-propos Je n'ai aucun souvenir des conditions de la publication de mon premier article, consacré à la mythologie des stars, dans Le Monde en août 1960. Mais je me souviens très bien de la demande qui me fut faite au début de l'été 1963. Un événement surprenant était survenu place de la Nation où l'émission de radio «Salut les copains» avait convié les jeunes auditeurs à une grande fête musicale. Soudain, au paroxysme de l'enthousiasme, cette fête était devenue destructrice : grilles des arbres arrachées, voitures renversées, adultes molestés. Jacques Fauvet, rédacteur en chef du Monde cherchait un «sociologue» pour expliquer le phénomène. Or aucun des sociologues «normaux» ne s'était alors intéressé à la jeunesse ni aux médias. C'est Claude Lefort qui donna mon nom à Jacques Fauvet. Je fis un long article qui parut en trois numéros successifs (longtemps, jusque dans les années 1980, je pus rédiger des articles d'une telle longueur) où je fournis l'interprétation que le lecteur trouvera plus loin. Ce fut le début d'une collaboration intermittente mais ininterrompue où je pus, dans les premières décennies, assouvir l'une de mes deux passions : la première est ce que j'appelle l'anthropologie fondamentale se transformant en recherche d'une méthode de connaissance pertinente, la seconde est le souci de répondre à la surprise de l'événement, de l'interroger, de comprendre ses origines et ses significations. C'est cette seconde passion qui put trouver son expression dans cet article comme dans les articles suivants {Planète et anti-Planète, Mai 68), et qui, même lorsque je me consacrais à d'autres thèmes, me revint comme dans mon article sur le sang contaminé en 1992. En fait, je me suis consacré au socio-diagnostic à chaud dans d'autres textes comme la rumeur d'Orléans, le retour des astrologues, etc. Mais c'est le journal quotidien Le Monde qui me permit de «coller» à l'événement sans attendre le recul, comme en Mai 1968, et où évidemment je prenais des risques intellectuels. La surprise nous oblige à réviser nos systèmes d'explication qui ne l'avaient pas prévue, de penser à ce qu'elle signifie de nouveau, et éventuellement ce qu'elle annonce pour le futur. La surprise est donc vitalisante pour la pensée. J'avais l'opportunité, dans ces articles à chaud, d'affronter la complexité des phénomènes et, contrairement aux tendances dominantes en journalisme comme en sociologie, de relier des données séparées dans des compartiments clos, de révéler les ambivalences, les contradictions du phénomène ou de l'événement, afin d'élaborer une compréhension pertinente. C'était là aussi ma façon de lutter contra la pensée réductrice et disjonctive qui hélas demeure plus que jamais hégémonique. Ces articles concernaient en même temps des phénomènes de civilisation, comme l'irruption d'une classe adolescente, l'avènement d'une nouvelle idéologie préfigurant la philosophie «New Age», et par la suite je me consacrai de plus en plus aux transformations de notre civilisation, inséparables des transformations de notre société, pour en arriver à diagnostiquer une «crise de civilisation», puis à proposer une «politique de civilisation» dans mes articles parus dans Le Monde au cours des années 1980-90.
Nous demandons à la pensée qu'elle dissipe les brouillards et les obscurités, qu'elle mette de l'ordre et de la clarté dans le réel, qu'elle révèle les lois qui le gouvernent. Le mot de complexité, lui, ne peut qu'exprimer notre embarras, notre confusion, notre incapacité à définir de façon simple, à nommer de façon claire, à ordonner nos idées. Sa définition première ne peut fournir aucune élucidation : est complexe ce qui ne peut se résumer en un maître mot, ce qui ne peut se ramener à une loi ni se réduire à une idée simple. La complexité est un mot problème et non un mot solution. Edgar Morin propose ici un mode de pensée pour affronter la complexité du monde qui nous entoure.
Résumé : "La guerre d'Ukraine a rappelé en moi les terribles souvenirs de la Seconde guerre mondiale. Les destructions massives, les villes ravagée et détruites, les carcasses d'immeubles éventrés, les innombrables morts militaires et civiles, les afflux de réfugiés... J'ai revécu les crimes de guerre, le manichéisme absolu, les propagandes mensongères. Et me sont revenus en mémoire les traits communs à toutes les guerres que j'ai connues, guerre d'Algérie, guerre de Yougoslavie, guerres d'Irak. J'ai écrit ce texte pour que ces leçons de quatre-vingt années d'histoire puissent nous servir à affronter le présent en toute lucidité, comprendre l'urgence de travailler à la paix, et éviter la pire tragédie d'une nouvelle guerre mondiale."
Nous ne savons pas ce qui nous arrive et c'est précisément ce qui nous arrive", écrit José Ortega y Gasset. Tant de certitudes ont été balayées ! Comment naviguer dans un océan d'incertitude ? Comment comprendre l'histoire que nous vivons ? Comment admettre enfin que, en dégradant l'écologie de notre planète, nous dégradons nos vies et nos sociétés ? Comment appréhender le monde qui se transforme de crise en crise ? Comment concevoir l'aventure inouïe de notre humanité ? Est-ce une course à la mort ou à la métamorphose ? Serait-ce à la fois l'un et l'autre ? Réveillons-nous ! E. M.Notes Biographiques : Edgar Morin (né en 1921), sociologue et philosophe, directeur de recherches émérite au CNRS, est l'auteur de plus d'une soixantaine d'ouvrages. Traduit dans plus de 28 langues et récompensé par trente doctorats honoris causa par des universités du monde entier, son travail exerce une influence sur la réflexion contemporaine internationale. Il est aujourd'hui l'un des plus grands intellectuels français.
Résumé : "Je suis comme un arbre dont le vent emporte les graines qui retombent parfois dans des déserts ou, quelque fois, germeront très loin d'ici". Chacune des pensées d'Edgar Morin constitue une graine de sagacité. L'auteur cherche ainsi à nous guider sur un itinéraire périlleux : comment vivre pleinement dans cette civilisation de guerre, de haine et de péril écologique ? Il se fait la voix de l'espérance et du réveil in extremis de l'homme, penché au-dessus de l'abîme. Il est crucial, aujourd'hui plus qu'hier, que les graines d'espoir de cet humanisme émancipateur s'envolent, s'éparpillent et prennent racine dans nos esprits. Né en 1921, ancien résistant, sociologue et philosophe, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, Edgar Morin a conçu la "pensée complexe" dans son oeuvre maîtresse, La Méthode. Il est l'un des derniers intellectuels à avoir observé et vécu une grande partie du xxe siècle et les premières décennies du xxie siècle. Il est docteur honoris causa de trente-quatre universités à travers le monde.
Résumé : Quelle(s) histoire(s) raconte notre corps ? Avec lucidité et sagesse, de la plante des pieds à la tête, Leloup parcourt notre corps et ses mystères. Un nouvel essai du théologien Jean-Yves Leloup. "La Conscience se fait chair " : mais dans quel corps ? Après avoir rappelé différentes visions de l'homme, particulièrement celles où il est considéré comme étant indissociablement corps-âme-esprit, Jean Yves Leloup nous propose une anthropologie "non réductrice" de l'être humain. Il distingue douze corps qui sont comme différentes enveloppes ou différents " climats " d'un unique "Je suis". Il rappelle les pathologies et les métamorphoses possibles de chacun de ces corps et comment ceux-ci ont été incarnés et vécus par Celui que la tradition appelle "l'archétype de la synthèse". Au fil des pages, l'Etre nouveau et éternel que nous sommes se donne à voir et à vivre. Intégrant sciences humaines et spiritualité, c'est à une représentation de l'être humain renouvelé, une anthropologie instaurative, que Jean Yves Leloup nous invite, dont les effets pourront se faire sentir dans notre santé et notre vie quotidienne.
Dans cet essai inédit, Krishnamurti, l'un des plus grands penseurs du XXe siècle, analyse le phénomène de la peur qui entrave notre esprit et donne des clés pour tenter de la dominer." La peur n'est jamais une réalité : elle intervient avant ou après l'instant présent. La peur dans l'instant présent, est-ce de la peur ?Dans un moment de danger physique ou psychologique, l'attention est totale. Quand l'attention est totale, on n'a pas peur. La peur surgit quand on évite le fait, quand on le fuit. "La peur peut affecter notre vie. Seule une prise de conscience de ses sources profondes nous permet d'en libérer notre esprit.Dans cet ouvrage, réunissant causeries, dialogues privés et extraits de ses célèbres " Carnets ", Jiddu Krishnamurti, l'un des plus grands penseurs indiens du XXe siècle, montre comment la peur et la dépendance qui en découle nous empêchent d'accéder à la liberté.Une réflexion puissante et d'une grande actualité.
Ce n'est qu'en nous écartant de ce que nous croyons être l'amour que, peut-être, nous pourrons découvrir ce qu'il est vraiment, nous dit Krishnamurti. Il n'est pas la possession, qui mène droit à la jalousie. Ni le sentiment ou l'émotion, qui ne sont que des sensations, des processus de pensée, et se transforment aisément en leur contraire, la haine. Chercher à obtenir quelque chose, ce n'est pas aimer. Aimer est autre chose. Dans ces conférences données à Paris et à Saanen en avril et juillet 1967, Krishnamurti entraîne son auditoire sur les chemins d'une expérience de pensée radicale, vierge de tout conditionnement. Seule à même, selon lui, de créer le renouveau de l'être. Dans un monde en tumulte, une puissante incitation à vivre sa propre vie.
Durant les premières années d'un pontificat marqué par un retour à la simplicité, le pape François a surpris. Proche de tous, il n'hésite pas à adresser des remontrances aux puissants et parle sans détour... Limpidité, franchise et bienveillance caractérisent ses propos. Composés d'extraits de ses homélies à la maison Sainte-Marthe, ces Conseils pour une vie meilleure attestent de sa conviction : le bonheur peut se trouver à chaque instant, il dépend de notre conviction spirituelle. La joie est un attribut divin ; aussi, susciter l'enthousiasme autour de nous est-il essentiel à la foi. Par son regard lumineux sur de nombreux sujets de notre quotidien, François offre ici un plaidoyer pour une vie simple, à laquelle chacun est appelé avec ferveur. Des mots pour vivre plus heureux.
Tout commence par un mail d'alerte, en février 2022, quelques mois avant le drame qui coûtera la vie à une fillette dans une crèche privée à Lyon. Deux ans et demi d'investigations, 200 témoins, des lanceurs d'alerte qui risquent leur vie professionnelle, des documents explosifs démontrant l'enfer du décor. Ce récit saisissant révèle les secrets de People&Baby, le "premier gestionnaire indépendant français de crèches". Un groupe qui pèserait 1 milliard d'euros. Mais un ogre peut en cacher bien d'autres : un secteur qui fait bloc, des mairies complices, le sommet de l'Etat impliqué...
Le Gall Laurent ; Lagadec Philippe ; Durand Sébast
Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'Etat-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, Etats-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.