Goethe n'est pas seulement poète, dramaturge, romancier, artiste. Il est aussi philosophe et surtout philosophe de la nature. Il manifeste un intérêt constant pour des questions scientifiques variées (physique, théorie des couleurs, chimie, météorologie, géologie, minéralogie, morphologie, botanique, zoologie) et influencera profondément la philosophie allemande de la nature des années 1780-1830. Goethe est une référence incontournable pour la Naturphilosophie tant idéaliste (Kant, Schelling, Hegel) que romantique (Hölderlin, Novalis, Schlegel). Il est, selon l'historien de la philosophie Johann Hoffmeister, parmi la nébuleuse hétérogène des philosophes de la nature, comme "le Soleil au milieu des planètes" . Goethe même considère ses écrits scientifiques comme un volet majeur de son oeuvre, et dialogue avec d'éminents savants de son temps (Cuvier, Geoffroy Saint Hilaire, les frères Humboldt). Sa Naturphilosophie articule une théorie de la connaissance à une redéfinition de l'expérience privilégiant le recours à l'intuition visuelle, ainsi que la recherche de "phénomènes originaires" (Urphänomene) et des métamorphoses auxquelles ils donnent lieu. Hegel louera dans la Naturphilosophie de Goethe "l'intuition pleine de sens [... ] qui ordonne ce qui n'est que phénomène d'une manière conforme à la suite intérieure du concept" . Le présent ouvrage éclaire ce Goethe Naturphilosoph fondateur d'une épistémè intuitionniste, phénoméniste, voire phénoménologique, aux antipodes de la science physico-mathématique, quantitative et intellectuelle, de Descartes ou Newton et inaugurant un style original de compréhension des phénomènes naturels qui se joue des frontières à la fois entre les disciplines scientifiques et entre la philosophie et son autre (science, littérature).
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Nombre de pages
344
Date de parution
08/07/2011
Poids
522g
Largeur
150mm
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EAN
9782252036358
Titre
Goethe et la Naturphilosophie
Auteur
Lequan Mai
Editeur
KLINCKSIECK
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150
Poids
522
Date de parution
20110708
Nombre de pages
344,00 €
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Résumé : Comme pour l'oeuf et la poule, bien malin qui dira ce qui est premier de la guerre ou de la paix. A la guerre conçue comme la rupture d'un état de paix "naturel", on peut en effet opposer une paix envisagée comme interruption exceptionnelle d'un état de guerre originel. La paix, alors, ne serait pas un état donné, la quiétude utopique des bergers d'Arcadie, mais le résultat d'un effort permanent : elle serait toujours instituée, conclue, fruit d'une pacification. Il en va de même à l'échelle du sujet : la paix de l'âme, bien plutôt qu'une béatitude engourdie et passive, n'est-elle pas une lutte armée contre nos vices et nos passions ? Si toute paix doit être faite, comment la fait-on ? Qu'est-ce au juste que le pacifisme, et quelles en sont les différentes formes ? Rechercher la paix, est-ce courir après une chimère ? Peut-il arriver que la paix soit indésirable ? Comment s'articulent, enfin, la paix intérieure d'un individu et la paix civile ?
Si Kant écrit Vers la paix perpétuelle en 1795, au moment de la signature du traité de paix de Bâle entre la France et l'Autriche et dans le contexte politique instable des dernières années du siècle, marquées par le système précaire de l'équilibre des forces en Europe (que Kant dénonce, à l'instar de l'abbé de Saint-Pierre), l'intérêt de ce texte ne se réduit pas aux circonstances historiques qui l'ont vu naître. Il est aussi et surtout un texte central de maturité, témoin et révélateur de la genèse de la philosophie critique kantienne. Texte charnière, il résume et récapitule synthétiquement les ?uvres antérieures consacrées au problème philosophique et juridico-politique de la paix, civile et internationale, tel que la Critique de la raison pure (1781-1787), l'Idée d'une histoire universelle (1784), - les Conjectures sur les débuts de l'histoire humaine (1786), la Critique de la faculté de juger (1790), Théorie et pratiques et la Religion (1793) -, et en même temps ce texte annonce en filigrane les grandes thèses des deux derniers écrits sur la paix : l'Annonce de la prochaine conclusion d'un traité de paix perpétuelle en philosophie (1796) et la Doctrine du droit (1797). Il s'agit à la fois d'un texte majeur, parachevant toute la pensée kantienne de la paix, et d'un texte d'une infinie richesse, qui aborde, par delà les problèmes liés à la paix par le droit (civil, international, cosmopolitique), de multiples thèmes transversaux à l'ensemble de la philosophie, pratique et théorique, de Kant.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.