Archives de sciences sociales des religions N° 147, Juillet-septembre 2009 : Traduire l'intraduisibl
Lassave Pierre ; Gueunier Nicole ; Buhot de Launay
EHESS
22,00 €
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EAN :9782713222177
Le caractère sacré de la langue des grandes religions révélées se heurte frontalement à leur vocation universelle qui nécessite leur expression dans les multiples idiomes profanes du monde. L'extension et l'intensification des échanges entre les cultures depuis deux millénaires a progressivement fait place au principe d'" équivalence sans identité " qui se manifeste dans les traductions réitérées et concurrentes des textes canoniques. Les missions évangélisatrices, les véhicules bouddhiques, les conquêtes islamiques, les académies occidentales forment autant de scènes diverses des tentatives de traduire ce qui se donne comme intraduisible. Les études de cas qui composent ce dossier abordent les transformations du texte biblique dans sa multiplicité scripturaire interne comme dans ses diverses versions nationales, de la Renaissance à aujourd'hui, dans le monde slave du Haut Moyen Age ou à Madagascar depuis deux siècles. Elles relatent également les errements missionnaires pour donner un nom à Dieu en Tanzanie ainsi que ses transpositions ironiques dans la bouche du conteur créole aux Antilles. Après l'histoire des traductions du Coran en français du XVIIe siècle au XIXe, l'expansion actuelle de ses versions en langues africaines est approchée dans toute sa vitalité, ici à travers le bambara au Mali. Avec la Bhagavad-Gitâ indienne, le chant, l'interprétation comme la traduction s'associent en d'innombrables "avatars" au fil du temps, rendant canonique de fait un texte qui ne l'était pas de droit. Côté bouddhique, le transfert du vénéré Sutra de l'Estrade du chinois vers le coréen moderne révèle une performance étroitement inscrite dans les tensions politiques d'une nation qui se cherche.
Nombre de pages
227
Date de parution
05/10/2009
Poids
380g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713222177
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 147, Juillet-septembre 2009 : Traduire l'intraduisibl
Auteur
Lassave Pierre ; Gueunier Nicole ; Buhot de Launay
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
380
Date de parution
20091005
Nombre de pages
227,00 €
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Depuis plusieurs années, les historiens célèbrent le retour du récit, les anthropologues reconnaissent l'écrivain derrière l'ethnologue et certains sociologues voient en Proust un des leurs. N'est-il pas temps d'analyser la question des rapports entre sciences sociales et littérature ? Mariant l'épistémologie des disciplines avec la critique littéraire, l'exploration de ces rapports suit ici plusieurs pistes d'abord les images de la ville moderne construites par le roman et la sociologie ; ensuite les itinéraires d'auteurs, en particulier ceux de l'historien Louis Chevalier, de l'écrivain-ethnologue Michel Leiris et du sociologue-écrivain Jean Duvignaud ; enfin les liens entre mythe, science et roman, lisibles à travers les figures emblématiques de Jeanne d'Arc pour l'histoire, du Bon Sauvage pour l'ethnologie et des Misérables pour la sociologie. Ces analyses comparées donnent notamment à voir trois états relationnels qui s'imbriquent au fil du temps la concurrence entre la science positive et le roman réaliste au XIXe siècle ; la complémentarité de regard entre l'invention littéraire et les divisions disciplinaires au cours du XXe siècle ; les interférences croissantes entre sciences sociales et littérature aujourd'hui. Il ne s'agit là nullement d'une évolution qui tend vers la confusion. Tout se passe comme si emprunts réciproques et chassés-croisés avaient prospéré sur la différence des régimes d'écriture et des voies de connaissance.
Ce bulletin bibliographique réunit plus d'une centaine de recensions d'ouvrages pour l'année 2011. Il fait appel aux principales disciplines de connaissance des faits religieux, telles que la sociologie, l'histoire, l'ethnologie ou la philosophie. Les multiples religions du monde sont appréhendées dans divers moments et contextes en même temps que les systèmes d'idées et d'usages avec lesquelles elles composent ou s'affrontent dans l'espace public. Outre les comptes rendus, plusieurs notes critiques reviennent sur la production du savoir : le sens des mots-clés d'hier et d'aujourd'hui dans les dictionnaires savants sur les phénomènes religieux ; les anthropologues et la religion en France et dans le monde ; l'histoire et la sociologie des mouvements messianiques et millénaristes ; les raisons de l'effervescence pentecôtiste au Nigeria ; les enjeux de l'engagement congréganiste dans l'éducation italienne du XIXe siècle.
Ce numéro célèbre le centenaire de la publication par Emile Durkheim des Formes élémentaires de la vie religieuse, ouvrage fondateur de la sociologie et de l'anthropologie des religions en langue française. Les contributions qu'il réunit reviennent sur les premiers débats que suscita l'ouvrage dans divers secteurs de la philosophie, des sciences religieuses et de la théologie, en France niais aussi dans divers autres pays : origine de la religion et genèse religieuse des catégories de temps, d'espace, de genre, d'âme et de corps. Les études courent ensuite jusqu'à nos jours pour apprécier les usages théoriques et pratiques de l'oeuvre : mutation du sacré dans les sociétés modernes, nature de la morale laïque, généalogie de l'entendement, fonctionnement de la mémoire, socialité de l'économie. S'étant voulue l'héritière de la section de sociologie religieuse de L'Année sociologique, autre grande oeuvre durkheimienne, les Archives de sciences sociales des religions (précédemment Archives de sociologie des religions) sont au centre de ce bilan qui nous mène par ailleurs en Allemagne, en Italie, en Haïti et en Chine. Ce numéro thématique est complété par la mise en ligne et en libre accès sur le site de la revue de l'ensemble des comptes rendus des Formes de 1912 à 1918, soit plus de soixante-dix articles publiés en plusieurs langues, dont la réunion dans un format et une indexation spécifiques constitue un document inédit. Est jointe à ce premier corpus une sélection d'articles, de notes critiques et de comptes rendus concernant l'oeuvre durkheimienne parus dans les Archives. Enfin, une base de données sur les recensions et les travaux publiés dans la section de "sociologie religieuse" de L'Année sociologique qui ont accompagné de 1896 à 1913 l'élaboration des Formes est en préparation pour 2013.
La religion est un objet classique de la sociologie. Son étude est pourtant devenue, après les années 1950, une spécialité secondaire, marquée par des liens aussi étroits que tendus avec l'histoire et l'anthropologie culturelle. Comment ce domaine de recherche s'est-il constitué en communauté de savoir, des premières découvertes de Durkheim ou de Weber aux enquêtes récentes sur la sécularisation et la globalisation du monde ? Cette enquête nous conduit d'abord au coeur des institutions de la recherche, au fil des histoires nationales et de la vie des laboratoires, avant de découvrir les parcours individuels de chercheurs d'hier et d'aujourd'hui. Elle explore ensuite les transmissions et les différends, allant des dictionnaires et des manuels aux controverses publiques et aux querelles intimes. Pierre Lassave brosse enfin le portrait paradoxal d'un milieu savant qui résiste au temps malgré des obstacles épistémiques, académiques et politiques récurrents. Ce livre constitue ainsi une introduction stimulante à l'étude du religieux contemporain dont la nature varie suivant le contexte et le point de vue.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.