Savoir/Agir N° 4, juin 2008 : La crise financière : crise de système, crise de croyance?
Jorion Paul ; Gréau Jean-Luc ; Aglietta Michel ; P
CROQUANT
15,00 €
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EAN :9782914968478
Alors que la réforme de l'assurance-maladie de 2004 ambitionnait d'être, selon son promoteur - Philippe Douste-Blazy - la dernière du genre en comblant une fois pour toutes le trop fameux " trou de la Sécu ", une énième " modernisation " du système de santé est annoncée pour l'automne, au moment où s'impose comme impératif catégorique de l'action gouvernementale la réduction des déficits et de la dette publics. À défaut d'avoir ramené ces derniers dans les clous du Pacte de stabilité, le président de la République et son état-major veulent ainsi démontrer aux " partenaires " européens, à la veille de la présidence française de l'Union, leur détermination à mener à bien les réformes de la protection sociale que réclame et vante la Commission depuis maintenant près de quinze ans. Les rapports officiels se multiplient - sur l'hôpital, sur les futures Agences régionales de santé, etc. - au même rythme que les déclarations fracassantes destinées à prendre le pouls de l'opinion sur telle ou telle mesure de déremboursement (dernier exemple en date, le déreremboursement de l'optique et des soins dentaires). Si les tergiversations sur le détail de la réforme à venir sont nombreuses, sa logique ne fait, elle, aucun doute : la réduction des déficits publics pousse à transférer au marché des complémentaires santé un nombre toujours plus grand de dépenses jusqu'alors prises en charge par l'assurance-maladie publique, au nom de la soi-disant " responsabilisation " (financière) des assurés sociaux. Il s'agit, en effet, du dernier levier à actionner lorsque l'on a écarté d'emblée l'accroissement du financement public et la réorganisation de l'offre de soins, de peur de heurter les intérêts économiques de la profession médicale et des industries de santé. C'est donc l'assuré social qui paiera de sa poche. Une nouvelle fois. Mobilisant des chercheurs reconnus pour leurs travaux en sociologie et économie de la santé, ce dossier de la revue Savoir / Agir vise trois objectifs : replacer le cas français dans le cadre de l'épidémie de réformes qui touche tous les systèmes de santé européens depuis les années 1990 ; faire le bilan de l'empilement des outils et institutions destinés à " réguler " les dépenses de santé en France depuis vingt ans ; défricher d'autres pistes de réforme, qui feraient en sorte que " modernisation " rime avec progrès et non avec régression de la solidarité face à la maladie.
Nombre de pages
125
Date de parution
21/08/2008
Poids
230g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782914968478
Titre
Savoir/Agir N° 4, juin 2008 : La crise financière : crise de système, crise de croyance?
Auteur
Jorion Paul ; Gréau Jean-Luc ; Aglietta Michel ; P
Editeur
CROQUANT
Largeur
170
Poids
230
Date de parution
20080821
Nombre de pages
125,00 €
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Surpris par la manière dont les prix se déterminent dans la pêche artisanale en Bretagne et en Afrique, Paul Jorion voulut en avoir le coeur net : le prix se fixe-t-il bien, comme on le prétend, par la rencontre de l'offre et de la demande ? Ce qu'il découvrit est surprenant : le prix se détermine selon le rapport de force existant entre le groupe des vendeurs et celui des acheteurs, qui se définit à son tour en l'onction de la rareté de chacun de ceux-ci à l'intérieur du groupe auquel il appartient. Ainsi, la froide logique de l'offre et de la demande s'efface derrière les rapports humains. Et la validité de cette théorie ne se restreint pas aux marchés traditionnels : sa logique se retrouve intacte sur les marchés financiers contemporains. Dans cet ouvrage éclairant, Paul Jorion expose comment s'est constituée au fil des années la boîte à outils qui lui a permis d'être, en 2007, l'un des tout premiers à annoncer la crise des subprimes et à l'analyser.
Cet essai ambitieux se veut une contribution à l'anthropologie des savoirs. Paul Jorion y propose un exercice de décentrement radical par rapport à nos habitudes de pensée. Il montre comment les notions devérité"et de"réalité", loin d'aller de soi, sont apparues à des moments précis de l'histoire de la culture occidentale. La" vérité "est née dans la Grèce du IVe siècle avant Jésus-Christ, et la" réalité "(objective), dans l'Europe du XVIe siècle. L'une découle de l'autre: à partir du moment où s'impose l'idée d'une vérité, sous l'influence de Platon et d'Aristote, dire la vérité revient à décrire la réalité. Selon Paul Jorion, cette dernière résulte toutefois, sous sa forme moderne, d'un coup de force opéré à la Renaissance par les jeunes-turcs de l'astronomie moderne naissante. Ce coup de force supposait une assimilation de deux univers: le monde tel qu'il est en soi et celui des objets mathématiques. Il en résulta une confusion entre les deux, dont la science contemporaine est l'héritière. A suivre l'auteur, nous sommes entrés dans l'époque des rendements décroissants de ces" inventions "jadis fructueuses. D'où la nécessité de débarrasser l'entreprise de construction des connaissances du mysticisme mathématique et de réhabiliter la rigueur dans le raisonnement. Celle-ci exige de réassigner au modèle, en particulier mathématique, son statut de représentation au sein de l'esprit humain. L'ouvrage constitue ainsi un plaidoyer en faveur d'un" retour à Aristote ", situant l'auteur dans une tradition philosophique où l'on côtoie Hegel et Kojève, mais aussi Wittgenstein."
Au plus fort de la crise, le silence des économistes est assourdissant, tout comme l'impuissance des élites politiques et des dirigeants financiers. Et pour cause : ils sont bien peu nombreux à avoir su anticiper les événements qui ont eu lieu depuis 2007. Comment la machine a-t-elle pu s'emballer à ce point sans faire réagir ceux qui avaient le pouvoir et les capacités d'éviter les catastrophes en chaîne ? Comment la pensée économique a-telle pu se fourvoyer autant ? Pourquoi n'est-elle pas capable d'inventer des solutions audacieuses et enfin efficaces ? Paul Jorion poursuit ici sa réflexion sur l'état du monde financier. Ce qu'il révèle est édifiant : la "science" économique n'en est pas une, mais nous trompe en s'en donnant les apparences. Constatant les errements d'une doctrine qui n'a fait qu'encenser la "machine à concentrer la richesse", laquelle déraille tragiquement aujourd'hui, Paul Jorion bouscule les dogmes établis et propose des voies inédites pour l'avenir : le temps de la solidarité est venu.
Paul Jorion est considéré comme le meilleur observateur contemporain de l'actuelle crise financière américaine et a été le premier à annoncer l'enchaînement provoqué par la crise des crédits hypothécaires à haut risque (subprimes), accordés sans contrôle aux Etats-Unis, entraînant une dépréciation des institutions financières (banques en faillite), entraînant elle-même la panique des marchés et la hausse des matières premières. En six mois, la crise a déjà fait chuter le Dow Jones de 16 % et le CAC 40 de 24,4 % en neuf mois. Le cours du pétrole a grimpé de 44 % en neuf mois, et celui de l'or de 43 %. Les pertes liées à la crise des subprimes (provisions passées pour couvrir des dépréciations d'actifs) sont pour l'heure de 18 milliards de dollars pour Citigroup, de 13,5 pour l'UBS, de 14,1 pour Merrill Lynch. On estime à 12 milliards d'euros la perte cumulée actuelle des banques françaises. L'économie américaine étant entrée en récession, nul n'écarte plus l'hypothèse d'une ère de stagflation, combinant regain de l'inflation et croissance molle, étendue à toutes les économies occidentales. C'est dire l'importance que revêt la compréhension de phénomènes qui vont décider des conditions de vie des Européens dans les mois à venir. Biographie: Anthropologue réputé, expert en intelligence artificielle et spécialiste de la formation des prix travaillant dans le monde bancaire, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l'économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes.
L'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes. Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs)
Le présent ouvrage est l´??histoire de la fédération dudans les différentes étapes de son existence, traitant essentiellement de la part prise par ce parti dans les combats ayant jalonné sa vie intense contre la colonisation capitaliste, le sous-développement, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral notamment par le tourisme, la stigmatisation de la culture et la langue basque, la répression des deux côtés de la frontière, la violence institutionnelle en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré pour l´??autodétermination de ce territoire dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. L´??ouvrage est bâti à partir d´??entretiens et de documents personnels, d´??archives nationales et locales, ainsi que de celles des héritiers du PSU,
Les lois de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale et de 2015 sur le dialogue social ont instauré de nouvelles obligations de négociation en entreprise ponant sur la "conciliation" de l'activité syndicale et professionnelle. Comment expliquer cette soudaine attention des pouvoirs publics à la "discrimination syndicale"? Assiste-t-on à une rupture historique dans les relations professionnelles à la française ? Fondée sur six monographies de grandes entreprises aux pratiques sociales contrastées, cet ouvrage montre comment la négociation d'accords de droit syndical et de " gestion des parcours syndicaux " est aussi une réponse a la croissance des contentieux. menés notamment par la CGT depuis les années 1990, qui ont contribué à une prise de conscience de leurs droits par les syndicalistes. Si ces accords d'entreprise protègent désormais mieux les mandatés les plus investis dans le jeu du dialogue social, qui signent des accords, ils ne modifient pas radicalement les pratiques managériales de terrain qui continuent à stigmatiser les syndicalistes de proximité. surtout quand ils s'opposent aux restructurations ou dénoncent la dégradation des conditions de travail par des pratiques protestataires.