L'entreprise, lieu de ré-enchantement ? Spiritualité, humanisme et management
Extrait
Extrait de l'introduction Les entreprises sont des reflets, souvent concentrés, de la société. Elles sont traversées par les mêmes courants qui portent, secouent et orientent la vie collective. Parfois même, elles les amorcent. Laboratoires privilégiés d'observation et d'expérimentation de ces mouvements, les entreprises sont en quelque sorte des «cabinets de tendance». Alors quand la société, confrontée à des mutations inédites par leur nature et leur ampleur, dépossédée de certains de ses grands repères séculaires, aspire à un retour au sens, l'entreprise lui emboîte le pas. Les observateurs du monde économique et des organisations du travail le constatent à l'unisson : jamais le monde professionnel n'en a autant appelé au concept de sens. Mais l'entreprise, qui consomme chaque jour davantage son divorce avec les salariés-citoyens, est-elle prête à accepter cette demande ? La quête de sens n'est-elle pas l'expression d'une certaine spiritualité ? Entreprise et spiritualité, voilà bien deux réalités a priori incommensurables. Le terme de spiritualité, qui puise directement dans le latin ecclésiastique (spiritualitas), évoque bien sûr la religion. Mais il se rapporte également à la tradition philosophique, qui interroge l'articulation entre matière et esprit. Il implique aussi une référence éthique, qui questionne le monde et la place de l'homme dans le monde. Jusqu'où ces différents ressorts de la spiritualité sont-ils solubles dans l'entreprise ? L'éthique est-elle une voie plausible d'inspiration pour les systèmes économiques ? La montée du «fait religieux», de plus en plus souvent relayée par les médias, relè-ve-t-elle de cette demande générale de spiritualité ? Spiritualité et religion peuvent-elles nourrir les attitudes et orienter les décisions des managers et dirigeants ? A quelles fins ? Pour quels effets ? Les interférences entre religion et économie ont largement alimenté la pensée sociologique, de Karl Marx à Pierre Bourdieu, en passant par Max Weber et sa fameuse thèse sur l'éthique protestante et l'éthique capitaliste. Les grandes religions elles-mêmes ne s'interdisent pas de prendre position sur certains sujets économiques. L'encyclique Caritas in Veritate du pape Benoît XVI en 2009 a ainsi suscité de nombreux commentaires - «Toute décision économique a une conséquence de caractère moral... C'est pourquoi les règles de la justice doivent être respectées dès la mise en route du processus économique, et non avant, après ou parallèlement.» Science économique et exégèse religieuse ne sont donc pas indifférentes l'une à l'autre. Et si l'on décline la réflexion à l'échelle de l'entreprise, de ses organisations, de ses pratiques ? Là encore, des parallèles ont été tentés. L'entretien annuel ne serait-il pas une réminiscence de la confession privée obligatoire annuelle ? Après tout, il s'agit dans un cas comme dans l'autre d'encourager l'individu à rendre compte de ses actes, à formuler des aspirations et identifier des pistes d'amélioration. Le principe managérial de l'amélioration continue ne rappelle-t-il pas les journaux de comptabilité morale de l'Église Réformée ? Les systèmes d'organisation du travail des années 1980 (Total quality management, Lean, Kaizen), construits sur un strict respect des procédures, ne font-ils pas écho aux obligations rituelles de l'islam ?
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EAN
9782364290587
Caractéristiques
| EAN | 9782364290587 |
|---|---|
| Titre | L'entreprise, lieu de ré-enchantement ? Spiritualité, humanisme et management |
| Auteur | Jaouën Muriel |
| Editeur | YVES MICHEL |
| Largeur | 220mm |
| Poids | 168gr |
| Date de parution | 28/11/2014 |
| Nombre de pages | 141 |
| Emprunter ce livre | Vente uniquement |








