L'heure où les loups vont boire. Le clan Pasquier 1939-1940, l'aventure recommence
Duhamel Jérôme
FLAMMARION
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EAN :9782081257214
À bord du paquebot «Normandie», dernière semaine de juin 1939 J'ai tenu dans mes bras - et elle était entièrement nue - la légendaire Sarah Bernhardt, celle que les journaux des cinq continents ne désignaient que comme «la Divine», «la Voix d'or», «l'Inoubliable» ou, pour les plus prudes d'entre eux, «la Scandaleuse» - celle pour qui Jean Cocteau avait inventé cette belle expression qui devait passer à la postérité: «monstre sacré». Je dois hélas à la vérité de le préciser: la dame venait à cette époque de franchir le cap des soixante-quinze ans (on était au lendemain de la Grande Guerre), elle était embarrassée depuis bientôt quatre ans par une jambe de bois et c'est uniquement en tant que médecin qu'elle m'avait autorisé à pénétrer sa chambre, pour tenter d'apaiser quelque douleur dorsale. L'artiste souffrait toujours de mille maux et, pour s'en plaindre, utilisait ses cordes vocales avec autant de force qu'elle le faisait sur les planches. J'eus nettement plus de chance, en 1925, en ayant à soigner le début d'angine d'une danseuse du Théâtre des Champs-Élysées: coup de froid bénin qui ne m'étonna guère quand on m'apprit que cette jeune demoiselle noire de moins de vingt ans n'était vêtue que d'un simple pagne fait de bananes pour danser sur scène... À dater de ce jour, l'invraisemblable Joséphine Baker vint souvent animer mes fantasmes, comme ceux des milliers de Parisiens qui se pressaient pour l'admirer dans ses charlestons endiablés. Il m'est arrivé, une fois aussi, d'avoir à tâter le mollet d'une Impératrice. On cherchait un médecin discret pour soulager la douleur de la veuve de Napoléon III, en villégiature sur la Côte d'Azur, qui s'était tordu la cheville en gravissant un des escaliers de la Villa Cymos, à Cap-Martin, celle-là même qu'elle avait fait bâtir jadis pour n'avoir plus à être toujours l'invitée de sa grande amie Sissi, une autre Impératrice, mais d'Autriche et de Hongrie celle-là. Le mari de Joséphine était mort depuis quarante ans déjà, dans son court exil anglais, mais l'Impératrice, née Maria Eugenia Palafox de Guzmán-Portocarrero y Kirkpatrick de Closbourn, marquise d'Ardales et de Moya, comtesse de Teba et Montijo, portait encore beau et obligeait tout un chacun à se souvenir qu'elle avait été, durant les dix-huit ans du règne, considérée comme l'une des plus belles femmes d'Europe, et la plus élégante sans doute. Pour persévérer dans cet inventaire hétéroclite de «grandes dames» célèbres au XXe siècle naissant, il me faudra noter encore que, deux mois avant le déclenchement de la guerre de Quatorze, je vins à soigner la plaie infectée qu'une aiguille de couturière avait provoquée à l'index d'une jeune modiste, parfaitement inconnue mais qui s'apprêtait à ouvrir sa propre boutique. Son prénom seul m'était resté en mémoire - Gabrielle - quand j'appris dans l'année qui suivit qu'elle faisait gloire et fortune rue Cambon à l'enseigne de Coco Chanel. Les femmes, disait-on, lui devaient leur «libération» et j'imaginais les reproches que l'on m'eût faits si, l'infection ayant gagné, il m'eût été nécessaire d'amputer un de ses doigts magiques...
Ils ont de 6 à 16 ans. Ils sévissent dans nos écoles primaires, nos collèges et nos lycées. Ils ne sont pas vraiment plus bêtes que les autres, mais apprendre les ennuie et comprendre les épuise. Le savoir les rebute, la logique les assomme, la discipline leur pèse. Alors, ils inventent, ils improvisent, ils brodent, ils divaguent, ils déraisonnent, ils fabulent, ils déraillent, ils débloquent, ils délirent... Quand ils entendent le mot "culture", ils sortent leur imagination débordante. Résultat: un festival d'âneries et d'inepties, un feu d'artifice de niaiseries et de maladresses, un monument d'incohérence et d'inculture. Ce n'est pas la vérité qui sort de la bouche des enfants, mais le rire et l'humour!
Où trouver tout, n'importe quoi et plus si affinités depuis la fin du catalogue Manufrance? Quand auront disparu les gardiens de phare, les concierges et les petits artisans, aurons-nous gagné au change? Ecoles, bistrots, églises: on ferme. Nos villages deviendront-ils des déserts? Le pays vivait de son agriculture: pourquoi les paysans en meurent-ils aujourd'hui? La Poste et la SNCF étaient notre fierté: qui donc les a naufragées? Est-ce un réel progrès que tant d'enfants ne sachent plus ni lire, ni écrire, ni compter à l'entrée en sixième? Ils imposaient autorité et discipline: les parents d'hier étaient-ils pour autant des tortionnaires? Nos sportifs récoltaient des médailles, pourquoi ne gagnent-ils plus que du fric? Quand la politique fait bling-bling, on s'interroge: de Gaulle aurait-il épousé un top-model? Léon Blum, qui n'avait pas de Rolex, a-t-il raté sa vie? Louise Michel et Jean Jaurès méritaient-ils d'avoir Ségolène et Jack comme héritiers? A quoi sert l'Académie française si elle ne dénonce pas un président qui massacre notre langue? La politesse et le respect étaient-ils des valeurs moins sûres que la grossièreté et le je-m'en-foutisme actuels? La télé d'hier se montrait-elle stupide quand elle ne confondait pas "vulgariser" avec "vulgarité"...
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.