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Les non-dits de l'anthropologie. Suivi de Dialogue avec Maurice Godelier, 2e édition revue et augmen
Caratini Sophie ; Godelier Maurice
MARCHAISSE
18,00 €
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EAN :9782362800108
Extrait de l'introductionL'anthropologie peut-elle échapper au conflit de l'esthétique et de la guérilla?Jean DUVIGNAUD, Le langage perduAujourd'hui, la plupart des sociétés étudiées par les anthropologues ont produit une ou plusieurs générations d'intellectuels susceptibles de lire et de commenter ceux qui étaient venus les observer, ou observer leurs parents et grands-parents. Car les descendants des «sauvages» d'hier s'intéressent grandement aux livres qui les décrivent. Certains assistent aux soutenances de thèse, siègent dans les jurys ou mieux encore dirigent des travaux de recherche; et ils ne ménagent pas leurs critiques. Il arrive aussi qu'ils se réapproprient des traditions oubliées dont ils ont trouvé trace dans les ouvrages des premiers ethnographes, qu'ils les diffusent au village, et que lorsqu'un nouvel ethnologue arrive, on lui répète l'histoire qu'il prend à son tour pour argent comptant, d'autant que personne ne sait plus si elle a existé ou non, si elle a été inventée, quand et par qui.En même temps, toute publication sur telle ou telle population se voit dotée d'un enjeu politique local qui peut être national ou même international, et dont l'importance augmente encore dans les situations de conflit. La diffusion des médias jusque dans les régions les plus reculées de la planète, accrue par les nouvelles technologies de la communication, fait que ce «livre» que le chercheur dit vouloir écrire lorsqu'il se présente aux autorités locales d'abord, puis aux notables du groupe qu'il est venu étudier, n'est plus quelque chose d'incompréhensible ni de négligeable: selon les cas, la liberté d'accès au terrain en sera subtilement favorisée ou empêchée. Il est aussi des situations où le groupe concerné est hautement preneur de publicité (parfois même de publicité mensongère), contrairement aux représentants du pouvoir, ou inversement. L'enquêteur se trouve pris au coeur d'une bataille dont il devient - à travers son projet d'écriture - l'un des atouts ou des handicaps potentiels. Ce qu'on va lui dire et ne pas lui dire, ce qu'on va lui laisser voir et ce qu'on va lui cacher, l'instrumentalisation dont il pourra être ultérieurement l'objet ou même l'otage relèvent alors de rivalités ou de conflits qu'il lui faut déchiffrer: l'enjeu de l'écriture dépasse - et de loin - les objectifs déclarés de la science.Pour toutes ces raisons, les anthropologues s'interrogent aujourd'hui plus que jamais sur eux-mêmes et sur leurs méthodes, d'autant que dans le même temps ils sont appelés à lutter au sein du champ scientifique pour maintenir une discipline dont l'existence paraît régulièrement menacée par la diminution drastique des postes et des crédits. Déjà, dans les années 1980, la crise des systèmes de pensée (positivisme, fonctionnalisme, structuralisme, marxisme, culturalisme, etc.) avait déstabilisé l'ensemble des sciences humaines et provoqué un temps d'arrêt, un moment épistémologique obligé. Tout en réaffirmant l'importance du terrain comme indispensables prémices à la construction de leurs savoirs, les chercheurs avaient commencé à se tourner vers de nouveaux «objets» et à diversifier leurs «problématiques». Atteints, comme tant d'autres, par les effets du discours postmoderne sur la mondialisation, certains avaient proclamé l'anthropologie «science des mondes contemporains», laissant à penser, lorsqu'ils ne le disaient pas explicitement, que cet Autre extrême que les premiers ethnologues avaient cherché à rencontrer, ce «sauvage» d'antan, le vrai, celui qui était «pur» de tout contact avec la civilisation moderne, avait bel et bien disparu; hélas!
Depuis les années 1990, on assiste à une modification des rapports de domination entre les anciennes puissances coloniales et les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest dont les gouvernements doivent composer avec l'émergence d'un pouvoir global mondialement structuré, essentiellement économique et financier. Une équipe de recherche pluridisciplinaire, financée par l'ANR a travaillé de 2005 à 2008 à mettre au jour les dynamiques endogènes qui recomposent aujourd'hui les structurations et les représentations construites par et pendant la colonisation. Dépassant le découpage classique Afrique de l'Ouest/Maghreb, les chercheurs se sont intéressés à la catégorie des intermédiaires occupant une place stratégique au sein des processus de modification ou de reproduction de ces rapports. Ils révèlent ainsi que les Africains bilingues qui sont aujourd'hui dans les "affaires" ont souvent intérêt à la reproduction du rapport colonial, ou mettent au contraire en lumière ceux qui luttent pour constituer une nouvelle "société civile", résistante et militante.
Depuis les années 1990, on assiste à une modification des rapports de domination entre les anciennes puissances coloniales et les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest dont les gouvernements doivent composer avec l'émergence d'un pouvoir global mondialement structuré, essentiellement économique et financier. Une équipe de recherche pluridisciplinaire, financée par l'ANR a travaillé de 2005 à 2008 à mettre au jour les dynamiques endogènes qui recomposent aujourd'hui les structurations et les représentations construites par et pendant la colonisation. Dépassant le découpage classique Afrique de l'Ouest/Maghreb, les chercheurs se sont intéressés à la catégorie des intermédiaires occupant une place stratégique au sein des processus de modification ou de reproduction de ces rapports. Ils révèlent ainsi que les Africains bilingues qui sont aujourd'hui dans les "affaires" ont souvent intérêt à la reproduction du rapport colonial, ou mettent au contraire en lumière ceux qui luttent pour constituer une nouvelle "société civile", résistante et militante.
« Est-ce que c'était moi? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec... Est-ce que ça a existé? C est tellement loin de moi. Et puis si c était vraiment moi, qui suis-je maintenant? » La voix de Mariem s élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l oubli. Portés par sa parole, magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre fait rarissime à la vérité d un féminin saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser. Avec Mariem, reprennent sens des savoirs perdus, d autres manières d être au monde. Grâce à elle, nous accédons à la forme de vie et aux métamorphoses intérieures de tout un peuple.
Je suis très vieux, j'ai beaucoup voyagé, j'ai épousé vingt-deux femmes, appris quatorze langues et interrogé toutes sortes de savants. Les villageois viennent donc souvent me consulter. Je ne peux pas leur offrir grand-chose, mais je les écoute, je leur donne des conseils. J'enseigne à quelques-uns les secrets des plantes et des mots qui guérissent. Et quand je n'ai rien à faire, j'aime réfléchir sur les transformations du temps ou raconter à mes proches les aventures que j'ai vécues". L'auteur prête isa plume à Moussa Djibi Wagne, qui partit un jour de bon matin, sous l'emprise d'une force obscure, abandonnant sa famille et son village des rives du fleuve Sénégal. Comment aurait-il pu savoir qu'il ne retrouverait sa première épouse, son pays natal et sa mémoire qu'après quarante ans d'errance ? Une nouvelle Odyssée qui remonte jusqu'à l'enfance de cet Ulysse noir, et nous fait partager les tribulations d'un paysan peul de Mauritanie, ses émotions, ses croyances, la situation toujours tragique de son peuple, et sa quête inlassable de la connaissance d'Allah. Sophie CARATINI est anthropologue et écrivain. Après La fille du chasseur (Thierry Marchaisse 2011), elle poursuit ici sa grande trilogie historique sur le choc des mondes - maure, noir et blanc - dont les régions sahariennes ont été le théâtre.
Résumé : Une jeune femme se remémore sa vie sexuelle, alors qu'elle est en train de poser nue. "Se mettre à poil devant tout le monde, prendre la pose et s'oublier, c'est facile. C'est se déshabiller devant un autre nu qui est bouleversant : on se touchera, peut-être, ce sera doux ou malheureux, angoissé, urgent, raté ; on tremblera." Chacun des amants de la narratrice est représenté par une lettre de l'alphabet. On passe donc inexorablement avec elle de A à Z, à partir de ses premiers tâtonnements sexuels et au rythme de ses expériences successives, souvent ratées, souvent éphémères, parfois dévastatrices. Pauline Wuth est née en 1985. Elle est enseignante et l'auteure d'un premier roman publié sous un autre nom. Charlotte Vellin est née en 1987. Elle dessine depuis toujours et fréquente les ateliers de dessin d'après modèle vivant.
Les quinze nouvelles de ce fascinant recueil sont nées à Singapour, où Julie Moulin s'est installée en 2020. Elles disent le dépaysement, les liens, les transformations tandis que, sous sa plume, l'île elle-même se métamorphose. On y trouve des robots qui s'aiment et des hommes qui se prennent pour des perroquets, des femmes obsédées par l'humidité et d'autres qui font reculer les frontières du réel. Ici, l'actualité se transforme en parasites et des détritus emportent avec eux leurs secrets. S'y côtoient le cocasse et l'angoisse, le banal et l'étrange, comme est étrange tout ce qui nous bouscule et nous décentre.
Est-il possible d'apporter quelques touches de couleur aux portraits convenus de Marie Curie ? Tel est le pari de ce recueil de lettres, dont les signataires viennent des sciences, des humanités et de l'art. Ecrites aujourd'hui, bien qu'expédiées dans le passé, ces lettres nous rapprochent d'une femme exceptionnelle par des voies très diverses. Certaines rendent un hommage intime à l'icône au double Nobel, ou discutent au contraire savamment avec elle, d'autres encore s'attachent à nuancer certains traits de son image. Cette occasion d'abolir le temps, d'oublier les limites des identités, a démultiplié l'inventivité des messages et la portée de leurs éclairages. Ils en disent long sur notre temps et révèlent la place immense que Marie Curie occupe parmi nous. Jean-Marc LEVY-LEBLOND est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage. Lettres de : Françoise BALIBAR, Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Isabelle BERGOËND, Elisabeth BOUCHAUD, Faouzia CHARFI, Catherine CLEMENT, Irène FRAIN, Etienne GUYON, Ghada HATEM-GANTZER, Eva HEMMUNGS WIRTEN, Emmanuelle HUISMAN-PERRIN, Renaud HUYNH, Joanna KUBAR, Edouard LAUNET, Michèle LEDUC, Jean-Marc LEVY-LEBLOND, Rémy MOSSERI, Nathalie et Clara PALANQUE-DELABROUILLE, Hubert REEVES, Marjane SATRAPI, Elz ? bieta SIKORA, SMITH et Jean-Philippe UZAN, Pierre VERSCHUEREN.
Pour retrouver l'effet d'étrangeté que produisit l'emballage du Pont-Neuf, il faut remonter dans le temps, quand Christo était encore peu connu du grand public. En 1985, le sens d'une entreprise aussi inédite, collective et éphémère, était loin d'aller de soi, en tout cas pour les non-initiés : avait-on encore affaire à un ouvrage d'art - le pont - ou bien à une oeuvre d'art ? Comment se faire une opinion ? Et fallait-il même prendre tout cela au sérieux, qui défiait autant le sens commun que la sociologie ? L'enquête menée à l'époque par Nathalie Heinich permet de s'immerger dans le Paris du premier "effet Christo". Truffée d'anecdotes savoureuses et de documents originaux, elle offre une introduction remarquablement vivante à la question des frontières de l'art.
Dans les pas des anthropologues, des écrivains, des designers et des naturalistes du quotidien.Retrouver une sensibilité au monde, aux êtres et aux choses qui le composent, cultiver l'art d'observer. Cette invitation, aussi nécessaire que louable, est sur toutes les lèvres. Les manuels abondent, de la botanique à l'analyse de paysages en passant par l'anthropologie ou l'urbanisme. Mais dans ces ouvrages, les modalités d'observation tiennent en général en quelques pages de conseils ; comme si les manières de construire l'attention perceptive au monde étaient déjà acquises. Or, il s'agit là d'une capacité cognitive qui s'apprend, se cultive et se nourrit.Dès lors, comment faire concrètement ? Par où démarrer ? Avec quoi se lancer ? Ce livre répond à ces questions au moyen d'une série d'exercices inspirés des façons de faire des écrivains, des anthropologues, des ethnographes, des designers ou des artistes. Présenté sous la forme de consignes à mettre en pratique, ce livre-ressource invite le lecteur à devenir lui-même un explorateur de ce que Georges Perec appelait l'" infra-ordinaire ".