Dans l'ombre de Bob Denard. Les mercenaires français de 1960 à 1989
Bruyère-Ostells Walter
NOUVEAU MONDE
24,70 €
Epuisé
EAN :9782369420767
Extrait Extrait de l'introduction Le 16 septembre 2007, les contractors de Blackwater tuent 17 civils et en blessent 24 autres sur la place Nisour à Bagdad. Cet événement cristallise les critiques sur le retour des mercenaires sur des théâtres d'opérations militaires. En France, l'opinion publique et les observateurs avertis sont particulièrement sévères envers ces formes de «privatisation de la guerre», expression (en partie impropre) couramment utilisée pour désigner l'évolution observée en Irak. Il faut mettre en lien cette réticence française avec deux observations connexes. La première est de rappeler que des Français ont déjà servi dans ces «armées privées» dans l'État anciennement baasiste. La seconde est de constater que notre vision est relativement marginale au sein des grandes puissances militaires (il est vrai que les armées françaises n'ont pas pris part à la coalition intervenue en Irak) et qu'elle relève d'une culture spécifique. Le rejet hexagonal des sociétés militaires privées (SMP) provient de l'attachement au soldat-citoyen ancré dans les mentalités depuis la Révolution française. Il est encore très puissant aujourd'hui car il a été réactivé par le souvenir beaucoup plus récent de l'intense activité des mercenaires français au cours de la guerre froide. Cette action a été symbolisée par la figure de Robert dit Bob Denard. Or, il meurt en cette même année 2007. On a pu y voir le symbole d'un passage d'un «mercenariat Beaujolais», artisanal et devenu anachronique, qu'il aurait incarné, à une nouvelle forme plus entrepreneuriale portée par les Anglo-Saxons. En fait, le terme de «mercenaire» a toujours renvoyé à des réalités différentes selon les époques. La première est l'agrégation d'une troupe aux forces étatiques, comme les gardes de chefs d'État. Des Écossais à partir du XVe siècle et des Suisses à partir de 1616 assurent ainsi la protection des rois de France jusqu'en 1830. La situation des cadres français de la Garde présidentielle (GP) aux Comores entre 1978 et 1989 peut être rattachée à ce type de situation. L'histoire a également connu des formes entrepreneuriales : condottieri de la Renaissance, armées de Wallenstein ou Tilly pendant la guerre de Trente Ans. Dans d'autres contextes historiques, politiques et socio-économiques, ce sont des combattants assez comparables aux SMP et entreprises de services de sécurité et de défense (ESSD) déployées en Afrique dans les années 1990 ou en Irak au début du XXIe siècle. Ces mutations sur le long terme rendent difficile la formulation d'une définition courte du mercenariat. Au sens premier, le terme latin mercenarius désigne un «soldat loué contre de l'argent» ou un «domestique que l'on paie». Aujourd'hui, nous dirions plutôt qu'il s'agit d'un prestataire de service qui met à la disposition de son employeur (étatique ou privé) une force armée. Cette définition très englobante ne fait pas de distinction entre des configurations pourtant très différentes. Elle laisse en creux la question de la participation de ces prestataires à des combats, des règles auxquels ils sont astreints, de leur degré de rattachement à une chaîne de commandement externe à celle de la troupe mercenaire... Ce flou s'explique par la définition très tardive dans le droit international. Elle se construit au cours de la période qui nous intéresse, du protocole additionnel aux conventions de Genève du 8 juin 1977 à la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires, rédigée par l'ONU en 1989. Cet effort de mise en place d'une définition juridique du mercenariat indique ainsi une nécessité nouvelle de légiférer. Elle inclut une catégorie très restreinte d'acteurs, excluant une large partie du phénomène qu'elle est censée désigner dans l'imaginaire collectif. Nous verrons en quoi l'action des soldats de fortune français a motivé ces avancées du droit international.
Qui est Napoléon III ? Le responsable du désastre de Sedan ? L'homme généreux qui voulait rendre les Français heureux ? Le monstre taciturne dépeint par Victor Hugo ? Ce personnage a connu l'un des destin les plus prodigieux de l'histoire de France : exilé, prisonnier, député, premier président de la République, empereur des Français avant d'être à nouveau exilé... il a suscité pendant longtemps un sentiment d'exécration et de rejet de la part des Français. Cette vision historiographique négative, datant de la troisième République, semble enfin dépassée. Aujourd'hui, la modernité de cet homme séduit à nouveau. Napoléon III acquiert une respectabilité tardive mais enfin reconnue. Champion du progrès économique, industriel et bancaire, inspiré par des idéaux humanistes, parfois teintés de socialisme, " Napoléon le petit " pense sincèrement faire le bien des Français, n'hésitant pas pour cela à bouleverser et redessiner le territoire national. Le second Empire est le fruit de la révolution de 1848 et de l'obstination d'un homme qui est parvenu à concilier suffrage universel et gouvernement personnel en implantant un régime qui restera comme une tentation constante de la politique française. Si le bonapartisme naît avec le premier Bonaparte, c'est Napoléon III qui le théorisera le mieux et le second Empire qui l'appliquera. Aujourd'hui encore nos institutions restent profondément marquées par ce courant politique.
Les apôtres de l'épopée napoléonienne L'ouvrage retrace l'histoire et le parcours, souvent romanesque, des maréchaux du Premier Empire. Il ne s'agit pas dans cet ouvrage de présenter successivement les 26 maréchaux, ou de privilégier les plus connus, mais de dresser un portrait collectif, vivant et complet de ces " paladins " de Napoléon. Les maréchaux illustrent la conduite de la guerre à cette époque mais aussi la transformation des élites après la Révolution. Issus d'écoles d'officiers d'Ancien Régime pour partie, parvenus jusqu'à la fonction la plus prestigieuse du monde militaire, les compagnons d'armes de Napoléon lui servent de modèle pour incarner le modèle méritocratique qu'il affirme vouloir mettre en place. Le parti pris de l'ouvrage est de construire une analyse en trois temps. La première partie est un véritable récit ; leurs parcours de vie sont retracés de façon croisée en les regroupant en cinq catégories (vieux héros, guerriers flamboyants, profiteurs ambitieux, hommes de sang-froid, maréchaux relégués, oubliés et maudits). Une seconde partie les resitue dans les moments-clés de l'histoire militaire de la période, en entrant dans le détail de leur action sur les champs de bataille d'Austerlitz, Wagram, Waterloo ou sur d'autres théâtres (opérations secondaires et gestion du " Grand Empire "). Enfin la troisième partie les replace dans leurs différentes fonctions : combattante dans une approche anthropologique, administrative, de courtisan mais aussi en éclairant les autres aspects de la vie de ces nouveaux représentants des élites (mariage et construction de lignages, constitution de domaines fonciers...). Par cette approche chronologico-thématique, histoire militaire autant qu'histoire sociopolitique, l'ouvrage éclaire toutes les facettes des nouvelles élites militaires - des paladins - de Napoléon Ier.
Début des années 1960 : en pleine décolonisation du Congo belge, la sécession du Katanga provoque la première concentration de combattants étrangers, qui affluent par centaines. Parmi ces " chiens de guerre ", les Français sont les plus actifs. Ils entament une sorte d'âge d'or, une succession de coups de main et de coups d'Etat qui s'étend sur tout le continent et les verra notamment prendre le contrôle des Comores de 1978 à 1989. Pendant toute la guerre froide, les " Affreux " (comme les surnomme la presse) servent clandestinement les intérêts d'anciennes puissances coloniales désireuses de conserver une forte influence en Afrique. Leur chef, Bob Denard, fait l'objet d'une forte médiatisation. Pour la première fois, ce livre étudie dans son ensemble le groupe des 147 mercenaires français : ses origines, ses personnalités marquantes, ses dissensions, son mode de vie, son rapport à l'argent, etc. Grâce aux archives privées de Bob Denard, dévoilées pour la première fois, grâce aussi à de nombreux témoignages, l'auteur nous plonge, loin des clichés, dans la vie quotidienne de ces hommes qui vont de conflit en conflit. Certains fuient un passé trouble, d'autres sont de bons pères de famille. Plusieurs cultures et générations s'entrecroisent : les baroudeurs, les " corsaires de la République ", les " gangsters ". Fers de lance de la lutte anticommuniste, relais des réseaux occultes de la Françafrique avant d'être désavoués par Paris, alternant fortune, gloire et défaites, les " affreux " ne trouvent plus leur place dans le monde post-guerre froide : ils seront bientôt remplacés par les sociétés militaires privées de type anglo-saxon.
Le retour des jihadistes français de Syrie fait aujourd’hui débat. Ils semblent pourtant s’inscrire dans une tradition qui remonteà la fin du XVIIIe siècle. Après 1945, alors que l’Europe connaît une longue période de paix et une hausse du niveau de vie, des volontaires continuent de quitter la France pour défendre des causes étrangères les armes à la main. Ce goût de l’aventure militaire ne disparaît pas et s’incarne dans des figures intellectuelles (Gérard Chaliand, Régis Debray) ou de baroudeurs tombés dans l’oubli (Dominique Borella).Des Français s’engagent dans le conflit israélo-palestinien. D’autres rejoignent les chrétiens du Liban dans la guerre civile ou encore participent à des conflits en Afrique et en Asie. En Bosnie, des Français sont présents dans chacun des camps. La tradition des volontaires armés traverse ainsi la guerre froide et s’intensifie après 1991. La Syrie constitue un apogée, avec le phénomène jihadiste notamment.Walter Bruyère-Ostells retrace les parcours de ces hommes qui, depuis soixante-dix ans, quittent une France en paix pour faire la guerre ailleurs. Pour cela, il a cherché à comprendre leurs motivations, à éclairer les idéologies politiques ou religieuses qui les animent, les filières qui ont facilité leur départ et, enfin, leurs possibilités de réinsertion dans notre société.Une enquête historique passionnante et indispensable pour éclairer l’actualité. Professeur d’histoire contemporaine à Sciences Po Aix (CHERPA), Walter Bruyère-Ostells est spécialiste d’histoire militaire. Il a notamment publié Dans l’ombre de Bob Denard (Nouveau Monde éditions, 2014).
Cent vingt ans après la première projection publique, payante, des frères Lumière au Grand Café à Paris, les salles de cinéma sont passées de l'itinérance foraine aux multiplexes, de la pellicule aux pixels, et leurs exploitants de l'activité décriée de saltimbanque au statut patenté de commerçant, maillon indispensable de l'industrie cinématographique. Pourtant, leur métier, essentiel à l'existence des films, demeure largement méconnu. Pour la première fois, des personnalités marquantes de la profession ' visionnaires, grands dirigeants nationaux ou régionaux, représentants de la petite et moyenne exploitation, défenseurs de l'art et essai, pionniers en tous genres ' racontent leur expérience, dans sa singularité émotionnelle et intellectuelle. Le croisement de leurs témoignages embrasse plus d'un demi-siècle d'exploitation française, du tournant des années 1950, acmé de la fréquentation et moment de basculement de l'offre cinématographique, jusqu'au passage au numérique, vecteur d'une mutation sans précédent. Adaptations internes, évolutions sociétales, mutations technologiques, autant de changements économiques et d'enjeux culturels que les acteurs de ce secteur décisif ont affrontés, à travers des combats individuels et collectifs que cet ouvrage a l'ambition de mettre en lumière et d'expliciter. Ce recueil de 18 témoignages inédits, illustré de documents originaux, constitue aussi l'histoire d'hommes et de femmes radicalement attachés à la spécificité des salles de cinéma comme espaces dédiés au partage de rêves et d'imaginaire au sein d'une communauté humaine.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport conquiert un nombre de plus en plus accru de pratiquants et de spectateurs. Il occupe des espaces, mobilise des intérêts économiques et politiques, illustrés pour le pire aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Au cours des " années noires " le sport français est soumis aux rigueurs des pénuries et de l'Occupation et à la volonté du régime de Vichy d'en faire un instrument de la révolution nationale. A ce titre, il lui est attribué un nouveau statut qui le place sous la tutelle légale de l'Etat français. C'est pourquoi on peut s'étonner du peu de cas qu'ont fait du sport les ouvrages généraux sur l'Occupation. Le mythe de l'" apolitisme sportif " cultivé par des personnalités et des groupes influents est assez répandu, malgré les tentatives d'instrumentalisation. Le temps de Vichy est à la fois celui des compromissions, voire pour certains du collaborationnisme, et pour d'autres du refus ou de la Résistance. Pour une majorité de Français, le sport reste un refuge. Le cas des sportifs juifs, à l'exemple du champion de natation Alfred Nakache, est le plus douloureux. En quelques années, le champ sportif se trouve ici remanié et bousculé comme il ne l'avait jamais été auparavant. Les années de Vichy laissent une trace profonde dans le sport français.
Les polémiques récentes concernant l’histoire des relations entre la France et l’Afrique donnent le sentiment d’une visibilité croissante de ce type de débats au sein de l’espace public français. Qu’il s’agisse du combat mené par de nombreux intellectuels contre la vision de l’Afrique portée par le « discours de Dakar » (2007), des controverses qui ont entouré la loi de février 2005 sur le rôle positif de la colonisation française ou des questionnements sur le rôle joué par la France au Rwanda, force est de constater que cette histoire est au croisement d’enjeux politiques, historiques et mémoriels qui en font la matrice, pour le meilleur, de débats intellectuels, de recherches scientifiques et d’une curiosité émanant du grand public, mais aussi, pour le pire, de fantasmes, de ressentiments ou de velléités de manipulation du passé. Si la nouveauté de ces controverses est sans doute à nuancer, leur forte médiatisation au cœur des années 2000 invite le chercheur à interroger les types de récit que les journalistes contribuent à faire circuler sur cette histoire. Quelle a été depuis le XIXe siècle l’évolution du rôle des médias français, africains et internationaux dans la construction des représentations de l’Afrique et de son passé ? De quels enjeux historiques, politiques, culturels et mémoriels ces représentations médiatiques sont-elles l’objet ?
Qu'est-ce qu'un bien de l'enfant ? Un jouet ? Certes, mais pas seulement. Un objet qui lui est destiné? Sa propriété? Un élément présent dans sa chambre, un objet qu'il utilise ? Cet ouvrage se propose, à partir d'une enquête qui mobilise l'histoire ancienne et plus récente, la sociologie et l'anthropologie, les sciences de l'éducation et de la gestion, d'analyser ces objets et les stratégies marketing des marchands et des fabricants. En visitant les domiciles et les chambres d'enfants, il est intéressant de voir quels sont les objets que l'enfant considère comme siens et quelle place ils occupent. De quelle manière adresse-t-on un objet à l'enfant (et à ses parents) ? Comment ceux-ci le réceptionnent-ils, se l'approprient-ils ? Cette approche pluridisciplinaire nous permet d'accéder de façon originale aux mondes des enfants, à ce que l'on fait pour l'enfant et à ce que l'enfant en fait.