La Science-Fiction en France. Théorie et histoire d'une littérature
Bréan Simon ; Klein Gérard
SUP
22,00 €
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EAN :9782840508519
Extrait de l'introductionSCIENCE-FICTION ET ÉTUDES LITTÉRAIRESMalgré le succès populaire de nombre de ses images, la science-fiction occupe dans la littérature une place marginale, celle d'une «paralittérature». Des éléments du paratexte, les titres et les couvertures, indiquent qu'un roman de science-fiction fait partie d'une collection spécialisée. De plus, la récurrence de certains thèmes associés à ce type de textes peut laisser supposer l'existence de schémas de répétition entraînant le retour de structures génériques et narratives. Néanmoins, l'identification d'indices paratextuels ne revient pas à mettre en oeuvre un savoir précis. Présenter la science-fiction comme une paralittérature permet de la situer, mais pas de la comprendre.Selon une logique inverse, traiter la science-fiction comme un objet d'étude traditionnel, sans soulever la question de ses rapports avec le reste de la littérature, aboutit à constituer un cabinet de curiosités. Des traits particuliers, collectés au fil des analyses, surprennent et intéressent le lecteur peu versé dans la science-fiction, sans qu'il ait d'autres points de repère que ceux de la littérature en général.Le terme de «paralittérature» renvoie en fait à la possibilité que se développent, au sein du champ de la littérature, des sous-champs en partie autonomes, dont les valeurs et les techniques se révèlent d'accès et d'interprétation difficiles.De fait, un minimum de notions a priori permet de reconnaître l'appartenance d'un ouvrage à la science-fiction, grâce aux indices du paratexte. Le lecteur trouve souvent une couverture colorée et décorée de créatures et d'objets futuristes, tels que robots, extraterrestres ou vaisseaux spatiaux. Le nom de la collection, même lorsqu'il ne contient pas «science-fiction» ou son abréviation en «SF», reste transparent, comme «Anticipation», «Présence du Futur» ou «Série 2000». S'il subsiste une hésitation, le titre et le nom de l'auteur suffisent à y mettre fin. Le résumé au dos ne laisse pas place au doute: il y est question de mondes futurs ou de planètes lointaines, de voyages spatiaux ou d'exploration du temps, le tout agrémenté de vocables inconnus.Le lecteur ingénu n'aperçoit là que des signes superficiels. Le lecteur averti se trouve en mesure d'évaluer le type d'intrigue et le degré d'innovation prévisibles. Aux yeux du premier, les images et les idées de la science-fiction font partie d'une iconographie inerte, d'une collection d'objets délimités, dont l'identification épuise le sens. L'amateur de science-fiction, lui, adopte une démarche iconologique lorsqu'il se saisit d'un livre de science-fiction, en ce qu'il recherche le sens à donner aux objets du livre dans l'espace plus large de la science-fiction.La compétence s'unit à la disposition d'esprit. Le lecteur inexpérimenté pense ne tirer aucun plaisir d'un roman de science-fiction. Les robots, androïdes et mutants ne lui semblent pas propres à stimuler son intelligence et son imagination, en raison de leur nature fantasmatique. Il identifie la lecture de telles oeuvres à un passe-temps.Le lecteur averti perçoit les objets de la science-fiction non comme des fantasmes, mais comme des points d'appui pour soulever le monde. Il sait quelle discipline intellectuelle est nécessaire pour comprendre les enjeux déployés dans les textes de science-fiction et quelle stimulation procure la recréation des mondes étrangers qui y sont postulés: la lecture d'une oeuvre de science-fiction implique de développer une vision du monde particulière, plus souple et labile que celle de la plupart des lecteurs.
Nombre de pages
410
Date de parution
09/11/2012
Poids
878g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782840508519
Titre
La Science-Fiction en France. Théorie et histoire d'une littérature
Auteur
Bréan Simon ; Klein Gérard
Editeur
SUP
Largeur
160
Poids
878
Date de parution
20121109
Nombre de pages
410,00 €
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Face aux crises qui se multiplient dans notre présent troublé, menaçant d'engloutir nos démocraties, nos valeurs, nos modes de vie et jusqu'à nos existences, que peut encore la littérature ? Depuis la fin des années 2000, paraît un nombre croissant de romans en français qui se préoccupent d'un monde sur le point de sombrer dans le chaos. Ces romans, signés entre autres par Jérôme Leroy, Antoinette Rychner, Michel Houellebecq ou encore Wendy Delorme, nous proposons de les regrouper sous le terme de Near Chaos. Comment comprendre ce déplacement chronologique vers un futur proche d'une écriture romanesque qui reste foncièrement réaliste ? Pour saisir les dimensions poétiques et idéologiques de ces récits, cet ouvrage examine leurs représentations du chaos à venir et leurs procédés narratifs. Les trajectoires de leurs personnages, écartelés entre délitement des institutions, survie individuelle et solutions collectives, offrent un panorama de choix éthiques et politiques saisissants auxquels nous pourrions bientôt être confrontés.
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Résumé : Rock, rap, fantasy, cinéma, roman-feuilleton ou pop culture : les cultures populaires et médiatiques sont aujourd'hui pleinement entrées dans le champ des études universitaires. Cet ouvrage regroupe les réflexions de spécialistes de différentes disciplines afin d'offrir une série de pistes pour penser ce nouveau domaine de recherche. Comment se saisir de la diversité des objets, issus de la littérature, du cinéma, des séries télévisées ou encore de la musique urbaine, qui manifestent la fécondité toujours plus grande des cultures populaires et médiatiques, que l'on rassemble parfois sous le terme de pop culture, et qui sont aujourd'hui pleinement entrés dans le champ des études universitaires ? Cet ouvrage regroupe les réflexions de spécialistes de différentes disciplines, avec pour ambition d'offrir une série de pistes de réflexions, d'hypothèses ou de perspectives nouvelles pour penser les productions contemporaines, en s'appuyant aussi bien sur les apports des études culturelles et que sur ceux de la théorie critique. Grâce à un certain nombre de clés d'analyse et en rendant compte des transformations de l'outillage théorique, ce volume se propose de contribuer à créer un espace de dialogue entre les domaines du savoir : les productions médiatiques - qu'elles soient fictionnelles ou non - y sont ici saisies dans une perspective transdisciplinaire, afin de constituer une boîte à outils commune : celles des études en cultures populaires et médiatiques.
On est bien seul dans l'univers, une précipitation chimique de vingt et une nouvelles, composée pour donner à lire ce que Philippe Curval doit à la science-fiction, et ce qu'elle lui doit. Choisis parmi plus d'une centaine, ces textes reflètent le parcours, l'évolution, les obsessions d'écriture d'un auteur français contemporain majeur. Par leur variété d'angles de prises de vue, ces nouvelles s'opposent à la tautologie dont on accuse à tort la science-fiction. Mondes trompeurs, hypothèses incertaines, où l'uchronie côtoie l'anticipation sociale, où l'on rencontre des extraterrestres derrière des bouteilles de vin, des consciences purement numériques, des civilisations disparues, où l'on assiste à des errances post-apocalyptiques comme à des conversions à des religions inconnues : chacun de ses récits offre, en version originale, la littérature de science-fiction dans tous ses états.
Dans la lignée des star studies, développées depuis trente ans dans le monde académique anglophone à la suite de louvrage fondateur de Richard Dyer, Stars (1979), Susan Hayward propose une passionnante étude de la star Signoret qui décortique de manière extrêmement fine la persona de lactrice, définie par larticulation de ses rôles, de ses performances (son jeu et son apparence) et de son image médiatique, construite par les discours tenus sur et par Signoret dans lespace public. Extrait de la préface
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
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Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.