Après La mandoline du capitaine Corelli, traduit en plus de 40 langues et adapté au cinéma, Louis de Bernières a pris son temps pour nous donner un nouveau chef-d'oeuvre. Le voici qui nous raconte, lui aussi, une histoire d'amour confrontée à l'horreur de la guerre. Cette fois, on remonte un peu plus le temps ; ce n'est plus de la 2ème guerre mondiale qu'il s'agit, mais de la première, avec les drames qui l'ont précédée, puis suivie, dans l'ancien empire ottoman et la Grèce. Nous sommes à Eskibatche, un paisible village d'Anatolie, où Grecs et Turcs, orthodoxes et musulmans, vivent en paix depuis des siècles. La ravissante Philotei y est née en 1900 - personne n'avait jamais vu une aussi jolie petite fille - et elle y grandit adorée par Ibrahim, le petit berger. De toute évidence, ces deux-là se marieront un jour, peu importe la différence de religion, la pauvreté au quotidien. On sait à quel point L. de Bernières excelle dans l'art de faire vivre les personnages d'enfants... Mais au-dehors, loin de ce coin perdu d'Anatolie, les grandes puissances s'affrontent et se déchirent. Des alliances se font et se défont, la guerre ravage, l'Europe et en 1915 une expédition franco-britannique dans le détroit des Dardanelles échoue à Gallipoli devant la résistance de l'armée turque. Or, en Turquie, un homme a entrepris de construire un état national turc, précisément à partir de l'Anatolie, Mustapha Kemal, devenu Ataturk. Nous allons suivre son histoire mouvementée, en même temps que celle des habitants d'Eskibatché, arrachés les uns après les autres à leur existence laborieuse et paisible, pour être jetés dans des conflits qu'ils ne comprennent pas. Comment devenir soudain l'ennemi de son voisin, de son frère, de son copain d'enfance ? Comment vivre au quotidien la haine, la peur, toutes les horreurs de la guerre, qu'elles aussi, Louis de Bernières sait décrire mieux que quiconque. A peu près personne ne sortira indemne de ces drames, pas plus Philotei que le pauvre Ibrahim. Les états souverains "échangeront" sans état d'âme leurs minorités : un million quatre cent mille Grecs d'Asie mineure renvoyés vers une "patrie" qu'ils ne connaissent pas et quatre cent mille Turcs d'Europe - de Crète surtout - expédiés en Turquie dont ils ignorent jusqu'à la langue. Que peuvent l'amour, la tendresse, la vie d'une petite communauté - si fragiles et dérisoires barrières... - contre la violence et l'inhumanité des hommes.
Nombre de pages
729
Date de parution
07/09/2006
Poids
710g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782715225381
Titre
Des oiseaux sans ailes
Auteur
Bernières Louis de ; Gonzalez-Batlle Fanchita
Editeur
MERCURE DE FRAN
Largeur
140
Poids
710
Date de parution
20060907
Nombre de pages
729,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'île à moitié oubliée de Céphalonie s'élève imprudemment de la mer Ionienne. Elle est tellement chargée d'antiquité que les pierres elles-mêmes exhalent la nostalgie et que la terre rouge reste hébétée non seulement par le soleil mais aussi par le poids insupportable de la mémoire." Sur cette île en apparence bénie des dieux, des ouragans vont pourtant se déchaîner dès 1939 ; à l'occupation italienne va succéder l'invasion allemande et son cortège d'exactions. Puis, à partir de 1945, les maquis rouges feront régner leur terrible loi. Et quand enfin la paix semble revenue, le meurtrier tremblement de terre de 1953 dévaste Céphalonie à son tour. Que deviennent les destins individuels au coeur de tant de drames ? Un amour aussi fragile que celui de Pélagia, la jolie petite Grecque, et du séduisant capitaine Corelli peut-il leur résister ? Car comment résiste-t-on à la haine, la peur, la faim, la folie, la mort ? Est-il possible de continuer à vivre quand il ne reste plus que le souvenir, la tendresse, la musique - ah, la musique d'une certaine mandoline... - à leur opposer ...
Personne ne connaissait son vrai nom, et bientôt tout le monde l'appela le Rouquin. D'ailleurs, c'est exactement ce qu'il était, un chien roux : un berger Red Cloud, une bonne vieille race australienne très intelligente et énergique. De couleur cuivre foncé, il avait des yeux d'ambre et des oreilles dressées. Sa queue était légèrement touffue, et sur ses épaules et son poitrail le poil était épais comme une crinière. Il avait le front large et le museau marron, un peu retroussé au bout. Et c'était le chien le plus indépendant du monde. Devenu légendaire, le Rouquin - né en 1971, il est mort en 1979 - a sa statue à Karratha, une ville minière d'Australie. Habitué aux grands espaces, il avait pour habitude de sauter dans un train, une voiture, un camion, et ainsi il se laissait promener sur des centaines de kilomètres. Manifestement, il trouvait la vie trop intéressante pour rester en place. Il voulait voir à quoi ressemblait le monde. Il choisissait lui-même ses maîtres, chez qui il revenait après une virée plus ou moins longue. Et puis il en changeait... Sa vie pleine d'aventures a inspiré à Louis de Bernières ce livre chaleureux, drôle et émouvant tout à la fois.
Nous sommes en 1940 sur l'île de Céphalonie, un petit paradis au large de la Grèce. Pélagia, la fille unique du Dr Yannis, écrit longuement à son fiancé Mandras, un jeune pêcheur parti au front. Bientôt, l'île se retrouve occupée par l'armée italienne. Le Dr Yannis doit héberger chez lui le capitaine Corelli. Sans nouvelles de Mandras, Pélagia tombe sous le charme du bel officier et de ses airs de mandoline. Mais les catastrophes se déchaînent. Aux Italiens succèdent les Allemands et leurs atrocités. Et comme si les dieux avaient à jamais abandonnés Céphalonie, la terre elle-même se met à trembler. L'amour si fragile de Pélagia et Corelli peut-il survivre à tant de haine, de peur et de folie ? Peut-on continuer à vivre quand il ne reste que le souvenir, la tendresse, la musique à leur opposer ...
Ceux qui sont restés ici se sont souvent demandé pourquoi Ibrahim était devenu fou. Je suis le seul à le savoir, mais j'ai toujours été tenu au silence, parce qu'il m'a supplié de respecter son chagrin, ou, comme il a dit aussi, d'avoir pitié de sa culpabilité. A présent, il me semble que nul ne serait trahi si la vérité était enfin connue. Il y a eu chez nous tant de sang répandu que ce ne peut pas être très grave si je finis par raconter le malheur qui a frappé Philothéi, douce, chrétienne, futile et belle..." A Eskibahtché, paisible village d'Anatolie, Grecs, Turcs, orthodoxes et musulmans vivent en paix depuis des siècles. Mais les grandes puissances s'entre-déchirent et bientôt, Ibrahim. Philothéi et tant d'autres sont emportés dans la tourmente. Brisés par la chute de l'Empire ottoman et l'émergence de la nouvelle nation turque, les habitants d'Eskibahtché subissent la violence et la folie des hommes, déplacés pour beaucoup vers une terre dont ils ignorent tout... Louis de Bernières excelle à mêler le tragique individuel aux tourments de l'Histoire et signe un puissant récit épique et sensible sur la fin de l'Empire ottoman.
Pendant des années j'ai vécu dans un mythe. J'écrivais sur lui un texte sans cesse remis en chantier. Tout ce que je vivais y entrait, hommes, villes, livres, saisons en enfer, jouissances, colères, tout y passait, à la fois structure vitale et machine romanesque le mythe accueillait tout. Un jour, j'ai mis ce manuscrit de côté pour écrire d'autres romans : ils n'ont jamais fait que le crypter. Alors je suis revenue à cette matrice, redescendue dans le souterrain. Perséphone 2014, c'est un nouveau point d'intersection entre cette histoire (cette vieille histoire folle) et la mienne, entre l'archaïque et l'ultra-contemporain. Que se passe-t-il quand un mythe s'empare d'une vie ? Quand il la pulvérise en passions brutes, en événements élémentaires ? Ce que j'entends de Perséphone, de cette voix très ancienne, très chantante, c'est ça : le désir d'être matière, d'un moi chaviré et d'un monde à l'envers. Mais aussi : comment sortir de ce désir - revenir des Enfers ? D'ailleurs, faut-il en sortir ? Et où est l'enfer ? Du côté des racines, des somptueux ravages et des incendies muets ? Ou dans les règnes de surface, les formes lisses, les ordres licites, les rites institués ? Reprendre Perséphone, c'est continuer, obstinée, à interroger le secret qui noue ensemble, très serrées, la jouissance, la mort et l'écriture. " G. A.
Ces entretiens inédits ont précédé la chute du communisme dont Eugène Ionesco a eu avant d'autres la prémonition. Mais ils engagent le lecteur d'aujourd'hui bien au-delà de ce séisme politique. Les Ruptures de silence éclairent les limites de l'engagement politique pour les artistes et préviennent de nouvelles trahisons possibles. Elles annoncent aux clercs du troisième millénaire qu'il ne leur reste que la pauvreté de Job en fait d'idéologie et, partant, la liberté totale d'expression. Nos échanges ont eu lieu dans une "traversée du désert" du créateur qui le mettait dans un état de lucidité extrême. La force émotionnelle qui se dégage de son interrogation sur la condition humaine nous rend la voix de Ionesco présente et fraternelle. André Coutin.
Henri, huitième marquis de Breteuil, qui inspira le personnage du marquis de Breteuil à Marcel Proust, trouve tout naturellement sa place dans la collection du "Temps retrouvé". Mais avec lui, nous pénétrons dans la réalité d'un univers que l'écrivain ne connaissait que de l'extérieur. Nous sommes là au c?ur de la société aristocratique de "l'avant-siècle", dont on découvre les aspirations et la vie quotidienne. De cet important manuscrit, nous avons choisi d'éditer les années 1886-1889, marquées par l'affaire Boulanger qui mit en péril la fragile IIIe République. Par sa position sociale et son goût prononcé pour la politique, Henri de Breteuil dévoile les dessous d'un conflit au cours duquel s'affrontent républicains, bonapartistes et royalistes. Intime des petits-fils de Louis-Philippe, il souhaite une restauration monarchique, mais se rend compte que le général n'est pas l'homme providentiel espéré. Tout en suivant les rebondissements d'une crise de régime qui se déroule comme un excellent scénario, il brosse un tableau souvent mordant de la vie mondaine où têtes couronnées, princes, gentilshommes, grands bourgeois et hommes de pouvoir se croisent à la manière d'une comédie de m?urs.
Connais-toi toi-même" , "deviens ce que tu es" ... Publicités et réseaux sociaux regorgent aujourd'hui de ces aphorismes et on ne compte plus les livres colorés autour du bonheur, de l'amour et de la construction de soi - thèmes philosophiques par excellence. Pourtant la philosophie reste souvent perçue comme une matière aride. Platon, Nietzsche, Descartes, Kant intimident encore. Revenir aux sources, savoir pourquoi et comment les grands auteurs ont décidé de consacrer chaque jour de leur vie à cette discipline pour trouver des sources infinies de consolation et de joie, depuis l'Antiquité, jusqu'à mourir pour elle, telle est l'une des missions de cette anthologie. Les grands philosophes côtoient ici les romanciers, artistes, cinéastes ou chanteurs qui évoquent, à la première personne, le plaisir de philosopher. Balade en compagnie de Socrate, Aristote, Epictète, Voltaire, Bergson, Marcel Proust, Montaigne, Albert Camus, Simone Weil, Charlie Chaplin, René Magritte, Michel Houellebecq, Bob Dylan, Woody Allen et bien d'autres...