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L'Ange Esmeralda

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Contribution décisive à la compréhension de l’oeuvre de Don DeLillo, les neuf nouvelles rassemblées dans L’Ange Esmeralda et composées entre 1979 et 2011 définissent comme autant de lignes de crête d’un parcours d’écriture placé sous le signe d’un incessant questionnement sur les incertitudes métaphysiques auxquelles se confronte consciemment ou inconsciemment l’individu en butte aux puissances de la terreur, quelles que soient les formes (spectaculaires ou cryptées) que revêt cette dernière. Classées en trois parties dont chacune s’ouvre sur une illustration entrant en résonance thématique avec les textes qui la composent (pour la première partie, une vue de la planète Terre ; pour la deuxième, une fresque minoenne ; pour la troisième, le détail d’un tableau représentant le visage spectral d’un cadavre), ces nouvelles mettent en scène des individus dont le silencieux et obscur fonctionnement vient être perturbé par une rencontre, un événement, un “bruit de fond”. Il arrive que des hommes y suivent jusque dans leur appartement, sans y être explicitement invités, des femmes aussi quelconques et vulnérables qu’incompréhensibles (“Baader-Meinhof”) , à moins qu’ils ne les pistent, presque malgré eux, jusque dans les toilettes d’un multiplex (“Le Famélique”), quand ce n’est pas un mari aimant qui, suite à l’annulation répétée du vol qui aurait dû ramener le couple aux Etats-Unis, se retrouve à tromper sa femme sur une île caribéenne avec une passagère elle aussi en stand-by (“Création”). De conversations elliptiques, embarrassées et cryptées en monologues décalés exprimant soudain un remords sans objet défini, la folie ordinaire et son langage tâtonnant s’invitent soudain dans un réel trivial qui, sous le signe du “à demi dit” et du “à demi su” prend des allures de sortilège où s’abîment des existences aux allures d’inquiètes charades et de mutiques catastrophes. Les angoisses sont parfois plus réelles : ainsi de celles qui, dans “L’Acrobate d’ivoire”, naissent de l’appréhension ressentie par une jeune femme à l’idée des répliques qui pourraient survenir après un terrible tremblement de terre à Athènes ou de la brutalité de l’énigme que pose à un banal joggeur l’enlèvement, en plein jour, d’un enfant sous les yeux de sa mère qui le regardait jouer dans un parc. Dans “La Faucille et le marteau”, c’est la crise des subprimes et ses conséquences sur le marché mondial qui, déclinées à la télévision par deux fillettes dans le cadre d’un surprenant programme pédagogique, magnétise, dans le centre de détention où ils sont rassemblés, les regards de coupables spéculateurs financiers, figures qui ne sont pas sans rappeler un certain Bernard Madoff. Qu’il lance ses personnages en orbite autour de la terre (comme les astronautes de “Moments humains dans la Troisième Guerre mondiale”) ou les fasse évoluer dans les bas-quartiers de New York (“L’Ange Esmeralda”), DeLillo ne cesse d’interroger la façon dont toute rencontre, tout dialogue, toute confrontation avec l’un ou l’autre événement fait surgir des vérités confuses, parfois embarrassantes, en quête, pour se dire, de mots qui hésitent entre fulgurances prophétiques, provocation ou jeu d’hypothèses, avant de sombrer dans l’obsession du geste sexuel, le sentiment dévastateur d’une perte abyssale, un chagrin sans motif ou de trouver une épiphanie à l’occasion d’extases éminemment transitoires. Sur les démons de la frustration, sur le temps suspendu et sur l’intranquillité chronique et insidieuse de nos vies, L’Ange Esmeralda propose une superbe variation susceptible de constituer une parfaite introduction à l’oeuvre de Don DeLillo pour les lecteurs encore peu familiers à celle-ci, comme d’apporter à ses lecteurs de longue date une nouvelle et significative preuve de la singularité du talent visionnaire d’un écrivain qui est sans conteste l’un des plus grands auteurs américains contemporains.
Titre L'Ange Esmeralda
EAN 9782330014247
ISBN 2330014247
Auteur DeLillo Don
Editeur Actes Sud Editions
Présentation Broché
Format Grand format
Longueur 21.7 cm
Largeur 11.6 cm
Poids 0.235 kg
Langue originale Non
Nom du traducteur Véron Marianne
Collection Lettres anglo-américaines
Nombre de pages 208

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